Listes Recherche par nom de personne, de lieu,... Recherche par Année Carte

Page précédente Accueil du site Mode d'emploi Nous écrire



De l'année à l'année
Sans mise en forme










Événements contenant la ou les locutions cherchées



48 événements affichés, le premier en 1550 - le dernier en 1707



Acquisition du château de Bazoches

Émery Le Prestre, l'arrière-grand-père paternel de Sébastien Le Prestre, acquiert, vers 1550, le château de Bazoches.



Mariage d'Urbain Le Prestre avec Edmée Carmignolle

Urbain Le Prestre épouse le 3 mars 1630 Edmée Carmignolle. Leurs enfants sont :



Naissance de Sébastien Le Prestre

Sébastien Le Prestre, communément nommé Vauban, naît à Saint-Léger de Foucherest près de Semur-en-Brionnais en Saône-et-Loire le 4 mai 1633, fils d'Albin ou Urbain Le Prestre (1602-1652) et d'Edmée de Carmignolles ou Cormignolles.

Il est baptisé le 15 mai 1633 en l'église de Saint-Léger-de-Foucherets, dans le Morvan.

Un décret impérial de 1867 transformera le nom en Saint-Léger-Vauban.

Son père, âgé de 30 ans, qualifié d'escuyer sur le registre de baptême, appartient à une lignée noble depuis 3 générations seulement.

Sa mère, âgée de 22 ans, est fille de Jehan de Carmignolle, escuyer. Elle est issue d'une famille de marchands et de paysans enrichis.

Sébastien Le Prestre est cousin par sa mère avec des maisons d'ancienne chevalerie : les Montmorillon et les Chastellux.



Études de Sébastien Le Prestre

Élevé à la duret, Sébastien Le Prestre apprend très tôt à monter à cheval pour devenir le parfait cavalier qu'il sera longtemps.

Entre 1643 et 1650, Sébastien Le Prestre aurait fréquenté le collège de Semur-en-Auxois, tenu par les carmes.

Il y apprend à lire le latin, la grammaire, les auteurs antiques, notamment Cicéron et Virgile.

Il reçoit une assez bonne teinture de mathématiques et de fortification, et ne dessinant d'ailleurs pas mal.



Sébastien Le Prestre Cadet dans le régiment d'infanterie du prince de Condé

Sébastien Le Prestre est présenté à Louis II de Bourbon-Condé par un oncle maternel qui est dans son état-major.

Probablement vers avril 1651, Sébastien Le Prestre entre comme cadet dans le régiment d'infanterie du prince de Condé.

Il suit l'exemple de nombreux parents et voisins qui suivent les Condé, par fidélité quasi féodale. Les Condés sont gouverneurs de Bourgogne depuis 1631.

En 1651, Le Tellier le présente à son tour au cardinal Mazarin qui lui confie la gestion de sa fortune, l'une des plus importantes du royaume.



Siège de Sainte-Menehould

En novembre 1652, Sébastien Le Prestre expérimente, sur le terrain, ses talents d'ingénieur militaire

Il se trouve impliqué dans le siège de Sainte-Menehould et traverse l'Aisne à la nage sous le feu des ennemis

La ville est prise le 14 novembre 1652 par Louis II de Bourbon-Condé.

Sébastien Le Prestre est promu maistre (sous-officier) dans le régiment de Condé cavalerie.



Soumission de Sébastien Le Prestre

Au début de 1653, alors que Louis II de Bourbon-Condé est passé au service de l'Espagne, Sébastien Le Prestre, lors d'une patrouille, face aux armées royales se rend avec les honneurs. Il n'est pas démonté et on l'autorise à garder ses armes.

Conduit au camp, il comparaît devant Mazarin qui l'interroge et se montre immédiatement séduit par ce Morvandais râblé et trapu, vigoureux, plein de vie, à la vivacité d'esprit et la repartie remarquable.

Le cardinal ministre n'a, semble-t-il, aucune peine à le convertir. Sébastien Le Prestre change de camp.



Siège de Sainte-Ménehould

Sébastien Le Prestre est placé comme volontaire auprès de Louis Nicolas de Clerville, ingénieur et professeur de mathématiques, chargé du siège de Sainte-Ménehould.

La ville capitule le 25 novembre 1653.

Sébastien Le Prestre, chargé de réparer cette place forte, est nommé lieutenant au régiment d'infanterie de Bourgogne, surnommé le régiment des repentis, car il recueille beaucoup d'anciens frondeurs de la province.



Siège de Stenay

Sébastien Le Prestre Capitaine

Louis XIV fait mettre le siège devant Stenay, ville au centre du territoire contrôlé par Louis II de Bourbon-Condé.

Le siège, dirigé par Abraham de Fabert d'Esternay, durera 32 jours.

Sébastien Le Prestre est assez sérieusement blessé au neuvième jour du siège.

Rétabli, il est chargé de marquer l'emplacement où le mineur placera sa mine et il est à nouveau blessé par un coup de pierre.

La ville est finalement prise le 6 août 1654, en présence de Louis XIV.

Au lendemain de ce siège, Sébastien Le Prestre est promu capitaine, ce qui lui vaut une solde de 50 livres, que lui versera chaque mois le trésorier des fortifications au titre de sa fonction d'ingénieur ordinaire.



Siège de Clermont-en-Argonne

Sébastien Le Prestre participe au siège de Clermont-en-Argonne en novembre 1654.



Sébastien Le Prestre Ingénieur ordinaire du Roi

Prise de Landrecies

Sébastien Le Prestre est fait Ingénieur ordinaire du roi par brevet du 3 mai 1655

Sébastien Le Prestre participe à la prise de Landrecies en juin et juillet 1655.

Louis Victor de Rochechouart se distingue lors de ce siège.



Siège de Valenciennes

Mort de Louis d'Estrées

En 1656, les Français ne parviennent pas à s'emparer du Hainaut.

En juin et juillet 1656, le siège de Valenciennes voit l'affrontement des troupes :

Le siège est dirigé par Henri II de La Ferté-Senneterre.

Sébastien Le Prestre est blessé au début du siège.

Dans son Mémoire pour servir d'instruction à la conduite des sièges, il porte un jugement sévère sur cette opération : Jamais les lignes ne furent plus mal faites et plus mal ordonnées, et jamais ouvrage plus mal imaginé que la digue à laquelle on travailla prodigieusement pendant tout le siège, et qui n'était pas encore achevée lorsqu'on fut obligé de le lever.

Louis d'Estrées meurt devant Valenciennes.

Henri II de La Ferté-Senneterre est fait prisonnier.

Henri II de La Ferté-Senneterre voit sa rançon payée par Louis XIV.

Les Français perdent plusieurs milliers d'hommes.

Louis II de Bourbon-Condé, par sa contre-attaque, reprend Condé-sur-l'Escaut.

Louis II de Bourbon-Condé est près de faire tomber Saint-Ghislain qui est sauvée grâce à l'armée de relève d'Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon.


Travaux du siège de Gravelines

Prise de Gravelines

Mort de Louis Chalon du Blé

Gravelines est attaquée en 1658.

Elle est reprise par Henri II de La Ferté-Senneterre et Sébastien Le Prestre le 30 août 1658.

Henri Goyon de Matignon participe à la prise de Gravelines.

Louis Chalon du Blé meurt lors de ce siège.



Mariage de Sébastien Le Prestre avec Jeanne d'Aunay

Sébastien Le Prestre épouse au château d'Épiry le 25 mars 1660 Jeanne d'Aunay, Dame d'Épiry. Leurs enfants sont :


Conquêtes de Louis XIV de France sur l'Espagne et l'Empire

Paix d'Aix-la-Chapelle

Clément IX est médiateur dans les guerres de succession d'Autriche entre la France, l'Espagne, l'Angleterre et les Pays-Bas.

Pierre II, Roi du Portugal, décide de mettre fin à la guerre avec l'Espagne, libérant ainsi des troupes susceptibles d'être employées contre la France.

Le Duc de Lorraine promet 8 000 hommes aux adversaires de la France et Louis XIV décide pour conserver ses conquêtes de proposer en premier de traiter avec l'Espagne.

Charles Colbert de Croissy est l'un des plénipotentiaires du congrès d'Aix-la-Chapelle.

Hugues de Lionne contribue à la signature du Traité d'Aix-la-Chapelle dite "Clémentine" en 1668.

Pour garder une frontière nord-est alors morcelée et difficile à défendre.

L'Espagne abandonne à la France 12 places fortes :

Sébastien Le Prestre est envoyé dès la fin mai 1668 à la frontière nord afin de fortifier les places

Louis XIV démantèle les places fortes de la Franche-Comté qu'il restitue à l'Espagne.

Les fortifications de Charleroi sont perfectionnées par les Français par Thomas de Choisy.

La France sort victorieuse de cette guerre et confirme son hégémonie européenne, de par sa puissance démographique et militaire.

Mais cette guerre va inquiéter les puissances européennes, car elle n'est pas totalement justifiée sur le plan du Droit.

La paix n'est pas officiellement déclarée d'autant plus qu'elle semble provisoire, à Louis XIV le premier qui continue à maintenir ses intentions agressives.

Ces conquêtes marquent une avancée considérable, mais n'établissent pas une frontière défendable.

Deux saillants espagnols subsistent, entre Saint-Omer et Ypres d'une part, entre Valenciennes et Cambrai d'autre part.

Pendant les années de paix qui suivent, François-Henri de Montmorency-Bouteville cultive les faveurs de Louvois.



Travaux à la citadelle Montreuil-sur-Mer

Vers 1670, Sébastien Le Prestre remanie la citadelle de Montreuil-sur-Mer et en y ajoutant une poudrière et un arsenal.


Louis XIV devant Maastricht Louis XIV devant Maastricht

Prise de Maastricht

Mort de d'Artagnan

En 1673 François-Henri de Montmorency-Bouteville protège la retraite d'Utrecht jusqu'à Maastricht avec seulement 20 000 hommes face à une armée de 70 000 hommes. Cet exploit le place au premier rang des généraux.

Le siège de Maastricht ou Maëstricht est un des principaux épisodes du plan d'invasion des Pays-Bas de Louis XIV, en 1673, pendant la Guerre de Hollande.

Le siège de Maastricht commence le 13 juin 1673 très tôt le matin ce qui permet aux forces françaises d'avoir un certain avantage sur leurs adversaires malgré leur supériorité numérique.

Grâce à un nouveau système de combat imaginé par Sébastien Le Prestre, Louis XIV peut remporter la victoire sur une des principales places fortes hollandaises, avec un minimum de pertes et un minimum de temps.

Le 29 juin 1673, Louis XIV s'empare de Maastricht.

D'Artagnan y meurt tué d'une balle de mousquet reçue dans la gorge.

Victor-Maurice de Broglie se distingue particulièrement, à la tête de ses chevau-légers. Un cheval est tué sous lui.

Alexis Bidal sert lors de ce siège de Maëstricht

Louis Victor de Rochechouart se signale lors de ce siège.

Maastricht restera sous domination française jusqu'en 1678.

Pendant cette période, les protestants habitant de Maastricht perdent les droits qui les rendent égaux aux autres chrétiens.


Siège de Besançon : à droite de la ville, sur la colline de Chaudanne on voit la fumée dégagée par le tir des canons installés par Vauban

Siège de Besançon

Malgré son isolement, l'Angleterre décide de ne plus soutenir la France en février 1674.

La Franche-Comté est sous domination espagnole

Louis XIV, à la tête d'une armée d'environ 70 000 hommes, décide d'attaquer la Franche-Comté.

Le siège de Besançon est une des nombreuses opérations militaires ayant pour but de rattacher cette province au Royaume de France.

Louis XIV donne à Nicolas Chalon du Blé le régiment d'infanterie de Monseigneur le Dauphin qui est vacant à la suite de la mort d'un coup de canon d'Henri marquis de Beringhen, son cousin.

Alors que Louvois planifie la prise de Salins et de Dole avant d'attaquer Besançon, Sébastien Le Prestre intervient et conseille au ministre de s'attaquer d'abord à cette dernière.

Lors de son arrivée sur le site le 26 avril 1674, Sébastien Le Prestre décide d'installer 36 pièces d'artillerie sur le mont Chaudanne qui surplombe la citadelle depuis l'ouest de la ville.

À dos d'hommes et de mulets, de nuit, il fait installer les canons sur la colline.

À partir de ce moment, la ville est sous le feu français et se rendra le 15 mai 1674.

La citadelle résiste jusqu'au 22 mai 1674.

Antoine IV de Gramont se distingue particulièrement lors de ce siège.


Château de Bazoches

Cession du Château de Bazoches

En février 1675, Sébastien Le Prestre achète la terre de Bazoches qui a appartenu à ses aïeux maternels.

La somme de 80 000 livres reçue de Louis XIV après la prise de Maastricht lui permet de régler 69 000 livres à la veuve du comte de Melun, en y ajoutant 5 500 livres versées au duc de Nevers en vertu des droits féodaux.

Il fait alors modifier l'architecture et l'aménagement intérieur du château.

Bazoches devient la demeure familiale de Jeanne d'Aunay, sa femme et de ses enfants.

Lui-même n'y fait que de rares et brefs séjours entre les campagnes militaires et le service du roi.

Il profite de ces moments de repos pour parcourir la région.

Le château est également une garnison militaire : Vauban fait construire une grande galerie afin d'y installer ses ingénieurs militaires.

C'est là que sont réalisés les études et les plans des nombreuses places-fortes que Vauban aménage au cours de sa carrière.

Les communs du château abritent les écuries nécessaires aux chevaux des ingénieurs et des messagers.



Prises de Condé-sur-l'Escaut, de Bouchain

En 1676, Louis XIV continue sa lutte contre le Saint Empire, l'Espagne et la Hollande.

En avril 1676, le roi arrive en Flandre pour assister en personne à la guerre.

Le siège de Condé-sur-l'Escaut est dirigé par Sébastien Le Prestre.

Condé-sur-l'Escaut est prise le 26 avril 1676

Victor-Maurice de Broglie s'y distingue particulièrement, à la tête de ses chevau-légers.

Yves d'Alègre participe à ce siège.

Bouchain assiégé et prise le 12 mai 1676.

Aire tomba le 31 juillet 1676.

La ville de Maastricht est assiégée par Guillaume III d'Orange-Nassau, prince d'Orange.

Elle résiste pendant 51 jours et les Hollandais sont forcés de se retirer.

Léonor Marie du Maine participe au Siège de Maastricht.

Victor-Maurice de Broglie est chargé de secourir Maastricht.

Victor-Maurice de Broglie met l'ennemi en déroute et force Guillaume III d'Orange-Nassau à lever le siège le 27 aout 1676.


Siège de Philippsburg Siège de Philippsburg

Siège de Philippsburg

Charles de Faultrier du Fay Maréchal de camp

Sébastien Le Prestre a fortifié la forteresse de Philippsburg qui est la seule tête de pont des Français sur la rive est du Rhin.

Cela constitue une menace constante pour le flanc ouest du Saint Empire romain germanique.

Au printemps 1676, pendant la guerre franco-néerlandais, les troupes de Léopold Ier de Habsbourg détruisent les garnisons des villes périphériques de Kißlau, Schwetzingen et Bruchsal avant d'assiéger la forteresse elle-même.

Le 1er mai 1676, Charles V de Lorraine, commandant les troupes impériales, commence le siège à la tête des 40 000 hommes.

Henri de Guise-Lorraine fait acte de bravoure durant ce siège.

Charles de Faultrier du Fay, le commandant français, a un peu moins de 2 800 hommes.

François-Henri de Montmorency-Bouteville ne parvient pas à empêcher Charles V de Lorraine de prendre Philippsburg.

Charles de Faultrier du Fay capitule le 9 septembre 1676, pour le cas où il ne serait pas secouru avant le 17.

Charles de Faultrier du Fay se rend le 17 septembre 1676.

Les 1 500 survivants français sont autorisés avec les honneurs militaires.

3 000 soldats impériaux sont alors affecté la garnison de la forteresse

Charles de Faultrier du Fay est nommé maréchal de camp le 1er octobre 1676.

Charles de Faultrier du Fay devient alors Gouverneur de Brisach et Lieutenant général de roi en Haute-Alsace.



Début du Siège de Valenciennes

En novembre 1676, Louvois met le siège devant de Valenciennes.

Afin d'ôter l'envie aux Espagnols de prêter main forte à Valenciennes, des troupes font le siège de Saint-Omer et de Cambrai.

Valenciennes est bien fortifiée, les abords ont été inondés, la garnison semble prête à attendre les renforts qui ne manqueront pas d'arriver.

Devant Valenciennes, Louis XIV est accompagné de Philippe Ier d'Orléans et des maréchaux :

qui commandent chacun leur jour.

Nicolas Chalon du Blé et Yves d'Alègre participent à ce siège.

Sébastien Le Prestre aussi est là, qui commande toutes les opérations.



Fin du Siège de Valenciennes

Henri de Guise-Lorraine reçoit un commandement dans l'armée royale et fait ses premières armes au siège de Valenciennes.

César III Auguste de Choiseul participe à ce siège.

L'usage est de n'attaquer les bastions, demi-lunes et autres ouvrages, que de nuit, afin de ne pas être aperçu de l'ennemi.

Toutefois, contre l'avis des maréchaux, et pour le plus grand étonnement du roi, Sébastien Le Prestre préconise une attaque de jour, pour créer la surprise et ne pas laisser à l'ennemi le temps de récupérer d'une nuit de veille.

Le 17 mars 1677, à 9 heures du matin, deux compagnies de Mousquetaires, une centaine de grenadiers, un bataillon des gardes, un du régiment de Picardie, montent à l'assaut du Grand Couronné, avec la seule intention d'y demeurer.

Mais la surprise est totale, on tue et poursuit l'ennemi.

Les mousquetaires baissent le pont-levis qui relie l'ouvrage aux autres, et pénètrent de retranchement en retranchement, à la suite des assiégés.

Avant que le roi ne soit seulement informé que le premier ouvrage est tombé, les mousquetaires sont déjà dans la ville et progressent de maison en maison.

Le conseil de la ville s'assemble et envoie des députés auprès du roi.

Celui-ci fait prisonnière toute la garnison et, encore étonné d'en être maître, entre dans Valenciennes.

Jean-Aymard de Nicolaï, âgé de 21 ans, sert comme guidon dans la compagnie des mousquetaires du roi.

Peu de jours avant l'assaut, Louis XIV, qui dirige en personne les travaux du siège, lui annonce qu'il lui accorde la survivance de la première présidence laissée vacante par la mort de son frère aîné, et lui enjoint de quitter immédiatement l'armée pour occuper son nouveau poste.

J'accepte avec reconnaissance les dons de Votre Majesté, répondit-il, mais qu'elle me permette d'y mettre une condition : ne quitter l'armée que lorsque la ville sera prise.

Le jour de l'assaut Jean-Aymard de Nicolaï, escaladant les remparts de Valenciennes, y plante le guidon de sa compagnie.

En souvenir, le roi l'autorise à se présenter à la cour dans n'importe quelle résidence royale, et lui accorde même les entrées de Marly, dérogeant ainsi à la loi qu'il s'est faite de ne point y recevoir de magistrats.

Louis XV et Louis XVI accorderont privilèges à son fils et son petit-fils.



Sébastien Le Prestre Commissaire général des fortifications de France

Sébastien Le Prestre succède le 4 janvier 1678 à Clerville au poste de commissaire général des fortifications de France.



Naissance de Jeanne-Françoise Le Prestre

Jeanne-Françoise Le Prestre naît en 1678, fille de Sébastien Le Prestre et de Jeanne d'Aunay.


Siège d'Ypres

Prise de Gand

Siège d'Ypres

L'alliance entre l'Angleterre et les Provinces-Unies est décidée le 10 janvier 1678.

Louis XIV décide de parer cette menace.

Les Néerlandais s'attendent à défendre Namur.

Louis XIV fait converger ses armées, et prend Gand le 9 mars 1678.

César III Auguste de Choiseul participe à la prise de Gand.

Louis XIV met alors immédiatement le siège devant Ypres.

Jean Marie Hocquart et César III Auguste de Choiseul participent à ce siège.

Henri de Guise-Lorraine est gravement blessé à la cuisse lors de ce siège.

Le 18 mars 1678, les travaux d'approche commencent du côté de la citadelle.

Dom Francisco de Pardo, le gouverneur de la ville, ordonne d'inonder les terres environnantes, mais les Français sont déjà trop avancés.

22 pièces de gros calibre et 12 mortiers ravagent la forteresse.

Le 23 mars 1678 Sébastien Le Prestre ouvre la tranchée.

Les travaux avancent si vite que Louis XIV ordonne d'attaquer dans la nuit du 24 au 25 mars 1678.

Côté ville, le chemin couvert tombe rapidement.

Au levé du jour, les assiégés capitulent.

La citadelle résiste encore, mais le lendemain 1600 hommes valides et 600 blessés se rendent à leurs assaillants.

En avril 1678, Sébastien Le Prestre commence la reconstruction des fortifications d'Ypres.

Louis de Crevant est nommé gouverneur de la ville.

Afin de négocier la paix, Louis XIV confie le commandement à François-Henri de Montmorency-Bouteville et se retire à Lille.

Les Allemands et les Espagnols rejettent toutes tentatives de négociation.

En Angleterre Charles II se hâte de lever une vingtaine de régiments et d'envoyer des renforts à Ostende, mais il hésite à déclarer la guerre à la France.

Louis XIV décide alors de négocier séparément avec les Hollandais.

Le 9 avril 1678 il s'engage à ne pas reprendre les combats en Flandre avant le 10 mai 1678.

Nicolas Chalon du Blé est aux sièges de Gand et d'Ypres.



Recensement de la population française

Sébastien Le Prestre fait réaliser le recensement de la population française de 1678.



Construction du fort de Bellegarde

Louis XIV de France fait construire le fort de Bellegarde après 1678 suivant un plan de Sébastien Le Prestre.

Cette forteresse défend le col du Perthus, qui traverse les Pyrénées à une altitude de 305 mètres.

Ce col est la voie d'accès à la France la plus importante des Pyrénées orientales.

Comme le signale Vauban, rien ne surplombecette place, et la forteresse se trouve à l'endroit le plus élevé de la région.



Sièges de Courtrai et Dixmude

Mort de Louis de Bourbon

Louis-Alexandre de Bourbon Amiral de France

L'Espagne déclare la guerre à la France en octobre 1683.

En 1683, Louis Armand Ier de Bourbon-Conti et François-Louis de Bourbon-Conti participent aux sièges de Courtrai et Dixmude.

Camille d'Hostun prend part au siège de Courtrai.

En 1683, Élisabeth Charlotte Wittelsbach von Pfalz obtient pour son pupille, de la part du roi, qu'il puisse combattre en Flandres afin de racheter ses erreurs et tenter de rentrer en grâce.

Louis de Bourbon contracte une maladie durant le siège de Courtrai mené par Sébastien Le Prestre.

Louis de Bourbon meurt en Flandres le 18 novembre 1683, des suites de cette maladie. Il est enterré à la cathédrale d'Arras.

Bien que s'étant dépensé sans compter, Louis de Bourbon ne recevra que peu d'estime de la part de Louis XIV, son père, qui est peu affecté par sa mort, au contraire de Marie Anne de Bourbon, sa sœur, et de Élisabeth Charlotte Wittelsbach von Pfalz, qui le pleurent beaucoup.

Louis-Alexandre de Bourbon reçoit, à l'âge de 5 ans, la charge d'amiral de France

Nommer ses fils légitimés très jeunes à des postes aussi brillants permet au roi de conserver la haute main sur les affaires maritimes pendant les longues années de la minorité.

En 1683, Louis-Auguste de Bourbon est le seul des enfants mâles légitimés de Louis XIV présent à la cour.

Dans le cadre de la Politique des Réunions, Louis XIV s'empare ainsi de Courtrai, ville des Pays-Bas espagnols.



Cession du fief de Vauban

En 1684, Sébastien Le Prestre achète à Antoine de Vauban la terre de Vauban pour 4 700 livres.



Travaux au Fort de La Prée

En 1684, Sébastien Le Prestre fait raser toutes les fortifications extérieures du Fort de La Prée, ne gardant que l'étoile originale, simplement protégée par un chemin-couvert et un glacis.



Décision de Percement de la voûte de Vauban

Le canal royal en Languedoc est en mauvais état, plusieurs ouvrages sont restés inachevés, de nombreuses rigoles sont ensablées.

L'abandon du canal est même envisagé.

En décembre 1685, Sébastien Le Prestre est chargé d'une tournée d'inspection.

Pour relancer ce projet, Sébastien Le Prestre, dans un mémoire du 5 mars 1686, met au point un programme de grands travaux hydrauliques pour améliorer l'alimentation et la gestion en eau.

Il s'agit notamment, d'augmenter la capacité du réservoir de Saint-Ferréol qui s'avère insuffisante.

Le barrage est surélevé et la rigole de la montagne prolongée entre Le Conquet et Les Cammazes.

Auparavant, la Rigole de la Montagne rejoignait le Sor et la Rigole de la Plaine sans passer par le Bassin de Saint-Ferréol.


Tour de Camaret Camaret

Construction des défenses du port de Brest

Construction de la tour dorée de Camaret

Sur le Plan des défenses construites pour protéger Brest, figurent :

Brest est situé à l'embouchure de la Penfeld, petite rivière qui se jette dans la rade, tout près du Goulet, le seul chenal qui ouvre la baie à la haute mer. La Penfeld est très encaissée, bordée de hautes falaises et constitue un abri très sûr, en eau profonde. Sa largeur à l'embouchure permet d'y mouiller ou d'y faire accoster de nombreux vaisseaux de guerre.

Richelieu et Colbert fortifient la place, aménagent des quais et les dotent d'un arsenal : chantier naval, corderie, voilerie, cales de radoub,…

Brest est situé à faible distance de l'Angleterre, à l'ouest des principaux ports anglais. Cela impose aux navires anglais un transit par vents contraires afin de s'approcher de l'objectif.

Les côtes finistériennes sont dangereuses et exposées à des vents souvent violents et à des courants se renversant au rythme des marées.

Une fois parvenu à l'extrême pointe de la Bretagne, il faut attendre la marée montante et des vents de secteur nord-ouest pour faire route au sud et embouquer le chenal du Four entre Ouessant et la Côte du Léon. Ce chenal est plein de récifs à fleur d'eau et n'est alors pas balisé. On ne peut donc faire route de nuit.

Si on atteint, malgré tout, la pointe St Mathieu, on peut virer aisément de 90 pour faire route à l'Est dans des eaux bien saines jusqu'au goulet.

Le goulet est détroit long de 4 km et large de 2 km en son point le plus étroit.

Un navire ne peut passer que durant la marée montante et avec des vents soufflant du secteur ouest qui certes, ce sont les vents dominants.

Une série de roches à fleur d'eau et de hauts fonds, au centre du détroit, divise le goulet en 2 routes parallèles, d'à peu près 800 mètres de large chacun. Par précaution, un marin avisé laisse toujours une marge de sécurité pour ses manœuvres éventuelles, il ne reste donc qu'environ 400 mètres de largeur utile.

Tout amiral de flotte ennemie, voulant faire franchir cet obstacle, risque d'avoir à attendre de longues heures l'instant propice. Comme mouillage sûr en eaux profondes, entre la pointe St Mathieu et le goulet, il dispose :

Sébastien Le Prestre effectue des premières missions d'observation sur le site en 1683 et 1685.

Il s'imprègne de toutes ces données géographiques avant de décider des travaux nécessaires à réaliser pour rendre très difficile le passage du goulet. Il décide donc de fermer le détroit par de puissantes batteries :

La flotte ennemie, obligée à cause des bancs rocheux de serrer la côte soit au nord, soit au sud, se trouvera à portée idéale des canons des défenseurs.

L'ennemi, avant toute tentative de franchissement du goulet, sera obligé de débarquer des troupes soit au nord, soit au sud, pour venir neutraliser les batteries, avant d'engager ses navires.

Sébastien Le Prestre estime que toute tentative au nord ne serait possible que sur la plage du Conquet dans le chenal du Four et qu'alors les fantassins ennemis auraient 15 km à parcourir en territoire hostile avant d'aller réduire la batterie du Mingant (4 Nord).

L'autre possibilité serait d'attaquer l'anse de Bertheaume (2 Nord), mais Sébastien Le Prestre équipe le château de Bertheaume de 3 canons de 12 et de 4 mortiers.

En 1684, Sébastien Le Prestre comprend que la plage de Trez Rouz de Camaret offrent à l'envahisseur la meilleure possibilité de débarquement. De là, il ne serait qu'à 5 km des batteries de Beaufort et de Cornouailles et pourrait envoyer ses troupes les neutraliser.

Les canons du fort Mingant seraient alors trop éloignés pour atteindre une escadre serrant au plus près la côte sud.

Sébastien Le Prestre décide donc de faire construire sur le sillon de Camaret la tour dorée (4 Sud), ainsi nommée à cause de son enduit à base de brique pilée. Il en réalise les croquis en 1685.

Cette tour polygonale doit comporter une batterie, composée de 11 canons de 48 livres d'une portée de 500 à 1 000 mètres, située dans le rez-de-chaussée voûté à l'épreuve des bombes, surmontée d'une tour de défense composée de 2 étages à meurtrières. L'ensemble est complété par un four à boulets rouges.

Elle doit rendre peu sûrs aux ennemis l'approche et le mouillage près de la plage de de Trez Rouz.

L'ouvrage est aménagé pour croiser ses feux avec la batterie de la pointe du Gouin (1 Sud) composée de 7 canons de 18 et l de 12.

La construction de la Tour de Camaret débute en 1689.

Sébastien Le Prestre, pour mettre les tirailleurs français à l'abri des tirs des assaillants, fait également fortifier les falaises, par des retranchements invisibles de la mer.

Informés de la construction de la tour, les anglo-hollandais tentent vainement de la détruire par une canonnade en 1691.



Sébastien Le Prestre Seigneur de Pouilly

Sébastien Le Prestre achète la seigneurie de Pouilly en 1687 à François Dubois d'Aisy pour 16 000 livres.


Louis le Grand Dauphin devant le siège de Philipsbourg - copie d'après un original perdu - par Hyacinthe Rigaud en 1697

Siège de Philippsburg

Mort de Charles-Louis d'Orléans Chevalier de Longueville

Le 25 septembre 1688, François-Louis de Bourbon-Conti part comme simple volontaire pour participer au siège de Philippsburg.

Victor Marie d'Estrées s'engage comme volontaire dans l'armée de terre. Victor Marie d'Estrées est blessé devant Philippsburg.

Les premières opérations militaires importantes de la Guerre de la ligue d'Augsbourg commencent le 27 septembre 1688 par l'investissement de la forteresse de Philippsburg ou Philipsbourg.

Pour défendre cette forteresse, le comte Maximilien von Starhemberg a à sa disposition :

L'approvisionnement et les munitions sont disponibles en suffisance. Il manque de vin ainsi que de soldats expérimentés et de sous-officiers. Il n'y a sur place que 8 officiers, parmi lesquels le lieutenant-colonel Reichard von Starhemberg, neveu du comte.

A contrario, Louis le Grand Dauphin qui commande l'armée française peut compter :

Le siège se déroule sous les ordres du Lieutenant-général Sébastien Le Prestre.

Le 1er octobre 1688, les Français commencent à détruire l'unique liaison, appelée le pont volant, entre la forteresse principale et la schanze du Rhin, une fortification plus petite sur l'autre rive du Rhin et munie de canons.

Maximilien von Starhemberg remarque que les Français mettent en place des boyaux et une batterie contre la schanze inoccupée. Il y place 50 hommes, ce qui lui permet d'arrêter l'ennemi pendant 6 jours.

Les Français commencent le tir le 4 octobre 1688 et ouvrent leurs boyaux, les défenseurs se mettent en sûreté de l'autre côté du Rhin sans être aperçus grâce à des embarcations.

La perte de la schanze a un inconvénient. La forteresse est assez mal défendue du côté du Rhin, les Français peuvent à présent prendre plus facilement sous le feu de leur artillerie ses ouvrages et ses bastions depuis la schanze.

Le 6 octobre 1688, Sébastien Le Prestre décide de partager les unités de défense, peu nombreuses, en lançant 3 attaques simultanées sur des points différents pour pouvoir au bout du compte conquérir plus facilement les bastions de la forteresse.

À la faveur d'une attaque de diversion, les unités de sapeurs peuvent avancer malgré le tir des impériaux, mais il n'est pas possible de commencer les travaux de l'attaque principale. Le matériel de siège nécessaire n'est pas encore arrivé sur le site.

Pendant ce temps les attaques de diversion se poursuivent jusqu'au 9 octobre 1688 et les Français avec leurs sapeurs peuvent s'approcher jusqu'aux fossés des bastions. On attend que les pièces d'artillerie soient complètement mises en place.

À l'aube du 10 octobre 1688, les tranchées prévues pour l'attaque principale sont ouvertes et un feu violent commence sur Philippsburg.

La forteresse et ses ouvrages de défense sont l'objet de tirs de mortier continuels, si bien que tous les bâtiments se retrouvent détruits, les puits eux-mêmes sont ensevelis.

Les dégâts des remparts sont tels ce jour-là que l'on ne peut plus y circuler.

Pendant les nuits, 200 hommes s'affairent à combler les trous pour qu'ils soient accessibles de nouveau le matin suivant.

Cependant, les tirs de défense causent de lourdes pertes aux Français.

Jusqu'au 12 octobre 1688, les sapeurs continuent à creuser des boyaux dont la plus grande partie arrive jusqu'aux fossés de la forteresse. Le jour suivant, ils s'emparent d'un petit ouvrage.

Le 14 octobre 1688, les défenseurs tentent une sortie, ils s'avancent contre l'attaque principale jusqu'aux tranchées ennemies et commencent à détruire les travaux de siège.

Nicolas de Catinat devient lieutenant général.

Les Français sous les ordres de Nicolas de Catinat lancent une contre-attaque et la troupe opérant la sortie doit se retirer, ayant subi trop de pertes.

Une autre sortie contre un point d'attaque secondaire a moins de succès et est repoussée avec des pertes sévères. Devant leur ampleur, les défenseurs demandent un armistice afin de recueillir des blessés et de les soigner.

Nicolas de Catinat y consent à la condition que seuls les soldats français soient utilisés pour le transport des blessés. Nicolas de Catinat fait habiller en soldats deux ingénieurs, ce qui leur permet d'inspecter discrètement l'état des ouvrages fortifiés.

Ils reviennent avec des informations importantes:

Les jours suivants, sous une pluie battante, le travail de sape continue et de nouvelles batteries sont construites.

Le 17 octobre 1688 les assiégés tentent une nouvelle sortie contre les travaux d'attaque, mais ils ne leur causent que peu de dégâts, bien que les Français subissent de grandes pertes.

La nuit suivante les Français commencent à vider le fossé des remparts de son eau.

Le 18 octobre 1688 les assiégés remportent une petite victoire, en réussissant à détruire une batterie et à faire sauter un dépôt de poudre.

Dans la nuit du 19 au 20 octobre 1688 les Français commencent à combler le fossé des remparts devant l'aile droite de l'ouvrage saillant, tout en subissant de grandes pertes en raison du feu nourri des défenseurs.

Le 20 octobre 1688, après un puissant bombardement sur cet ouvrage, les Français lancent une attaque. L'équipe de garde du saillant s'est mise à l'abri, elle ne remarque rien de l'attaque.

Les Français lancent des troupes nombreuses dans le fossé déjà asséché et tombent sur l'arrière des défenseurs.

La panique saisit alors les équipes de garde qui s'enfuient. Avec 60 hommes, le comte Archo, essaie de redresser la situation, mais malgré sa résistance, l'ouvrage est conquis. Le comte Archo meurt dans le combat. Parmi les 140 défenseurs, seul un petit nombre peut se sauver.

Le moral des défenseurs est au plus bas. Il n'y a pratiquement plus de vin et l'on n'a pour boire que de l'eau croupie. En outre, on craint une révolte générale des soldats et de la population civile à bout de forces.

Les Français continuent leur travail de sape, tout en protégeant les ouvrages et les bastions conquis.

Le 26 octobre 1688, Sébastien Le Prestre fait tirer pendant 2 jours sur le bastion médian du Kronwerk avec 18 pièces d'artillerie du plus gros calibre.

Le 28 octobre 1688, ce bastion médian n'est plus qu'une ruine, mais il est toujours défendu.

Dans la nuit de 28 au 29 octobre 1688, deux volontaires inspectent discrètement le bastion médian du Kronwerk et sa garnison. Sébastien Le Prestre considère que le Kronwerk est mûr pour un assaut.

Sébastien Le Prestre est sûr qu'une victoire ne peut être empêchée que par l'arrivée précoce de l'hiver ou si la ville est secourue.

Cependant, l'hiver serait venu avant les secours, car l'empereur n'avait pas encore les moyens de réunir une nouvelle armée pour dégager Philippsburg.

Depuis plusieurs jours, les officiers Maximilien von Starhemberg pensent tous qu'il faut capituler. Seul le comte était d'un avis contraire. Le comte Maximilien von Starhemberg réunit ses officiers pour discuter d'une capitulation. À ce moment même a lieu une violente attaque.

Les Français s'installent solidement près du Kronwerk, ce qui oblige Maximilien von Starhemberg à lancer une contre-attaque. Mais il n'arrive plus à envoyer ses gens au combat.

Sébastien Le Prestre remarque cette hésitation, il ordonne un assaut général. Après une courte résistance, les impériaux se retirent dans le Kronwerk pour ne pas être submergés par un ennemi supérieur en nombre.

À la fin de la journée, le Kronwerk est perdu et les défenseurs se limitent à défendre seulement la forteresse principale.

Antoine V de Gramont qui sert au siège de Philippsburg, reçoit les propositions de capitulation.

Le 30 octobre 1688 la forteresse capitule après 32 jours de siège. Les assiégés reçoivent le droit de se retirer à Ulm librement et en toute sûreté.

Le 1er novembre 1688 Maximilien von Starhemberg quitte la forteresse avec environ 1 500 hommes, 100 voitures et 6 pièces d'artillerie.

Les Français occupent les lieux et y trouvent, entre autres :

Les pertes des Français au cours du siège sont de 587 morts et 1 013 blessés, tandis que les impériaux ont à déplorer environ 600 hommes.

Nicolas Chalon du Blé prend part à ce siège d où il est blessé

Charles-Louis d'Orléans meurt durant ce siège.

Le comte Maximilian von Starhemberg, arrivé à Ulm, est convoqué à Vienne où il doit se justifier devant une commission militaire pour avoir livré Philippsburg. Mais cette commission l'acquitte complètement.



Renforcement des fortifications de Saint-Malo

Louis XIV ordonne à Sébastien Le Prestre en 1689 de renforcer les fortifications de Saint-Malo.

Il modifie non seulement les remparts de la ville et du château pour y placer de l'artillerie, mais il dessine également les plans de forts positionnés sur les principales îles de la baie.

Déjà fortifiées avant 1689, Sébastien Le Prestre consolide les défenses de la baie afin de protéger la ville d'une attaque anglo-hollandaise.


Antoine IV de Gramont

Antoine IV de Gramont ambassadeur extraordinaire auprès de la Couronne d'Espagne

Antoine IV de Gramont Vice-roi de Navarre et de Béarn

Antoine IV de Gramont Gouverneur de Bayonne

Devenu ambassadeur extraordinaire auprès de la Couronne d'Espagne, Antoine IV de Gramont est élevé au rang de vice-roi de Navarre et de Béarn, et sert comme gouverneur de Bayonne.

En 1689, Antoine IV de Gramont suit les travaux de fortification entrepris par Sébastien Le Prestre à Bayonne.

Antoine IV de Gramont est chevalier de l'Ordre de la Toison d'or.



Mariage de Louis II Bernin avec Jeanne-Françoise Le Prestre

Louis II Bernin épouse le 8 janvier 1691 Jeanne-Françoise Le Prestre, fille de Sébastien Le Prestre et de Jeanne d'Aunay. Leur enfant est :


Bataille de Barfleur-la Hougue Bataille de la Hougue - par Richard Paton

Bataille de Barfleur

Mort du Contre-amiral Carter

Bataille de la Hougue

Pour aider Jacques II Stuart, son cousin, à retrouver son trône, Louis XIV lui propose une flotte et des hommes mis sous l'autorité d'Anne Hilarion de Costentin.

Bernardin Gigault est le commandant du corps expéditionnaire.

L'embarquement est prévu en Cotentin avec 20 000 hommes et 70 vaisseaux pour débarquer près de l'Île de Portland.

Une des conditions de la réussite de ce plan est qu'Anne Hilarion de Costentin entre en Manche avec une force navale suffisante pour tenir tête à la flotte coalisée.

L'opération est placée sous le commandement de Jacques II Stuart, de Bonrepaus et de Bellefonds, ce dernier doit commander le corps expéditionnaire.

Une flotte de protection et de transport basée à Brest doit venir à Saint-Vaast pour embarquer les troupes.

Devant l'ampleur de la tâche pour rassembler les troupes, de nombreuses difficultés surviennent notamment entre l'armée de terre et la marine.

Victor Marie d'Estrées à la tête de l'escadre du Levant appareille de Toulon le 21 mars 1692.

Le 26 mars 1692, Louis XIV adresse un courrier à Anne Hilarion de Costentin contenant les directives quant au déroulement de l'opération.

Bien qu'il commande à la flotte, Anne Hilarion de Costentin ne possède donc aucun pouvoir décisionnaire.

Il doit appareiller impérativement le 25 avril 1692 et aucun retard ne sera toléré quitte à laisser en arrières les vaisseaux non armés.

Il doit envoyer la partie de sa flotte la plus rapide au Havre prendre contact avec Bonrepaus pour le prévenir de son arrivée ensuite, il doit se rendre à la Hougue pour embarquer l'infanterie puis attendre l'arrivée des navires emportant le reste des troupes.

Par ce courrier, l'amiral apprend que le lieu du débarquement sera désigné par le roi Jacques II Stuart et qu'il lui obéira en tout point ainsi qu'à Bellefonds.

Une fois le débarquement terminé, il renverra les bâtiments de transport dans leurs ports respectifs et restera en Manche.

Toutefois, si Anne Hilarion de Costentin rencontre les anglais avant d'arriver à la Hougue, le roi lui donne l'ordre de les combattre.

Sa Majesté veut qu'il les combatte en quelque nombre qu'ils soient [...] et s'il a du désavantage, Sa Majesté se remet à lui de sauver l'armée le mieux qu'il pourra.

Victor Marie d'Estrées capture deux navires anglais le 15 avril 1692.

Alors qu'elle s'apprête à passer Gibraltar le 18 avril 1692, l'escadre du Levant traverse une violente tempête qui détruit 2 vaisseaux.

L'amiral est contraint de faire demi-tour pour s'abriter à Malaga et réparer les avaries.

En avril 1692, Jacques II Stuart, de Bonrepaus et de Bellefonds s'installent à Saint-Vaast.

Victor Marie d'Estrées apprend qu'un convoi anglais se trouve à proximité. Le 22 avril 1692, Victor Marie d'Estrées envoie 5 navires les attaquer. Pour éviter la capture, les anglais incendient leurs bateaux.

L'escadre du Levant ne franchit le détroit de Gibraltar que le 25 avril 1692.

À la date prévue du déclenchement de l'opération, manquent encore environ 2 500 hommes, les 20 navires de Chateaurenault et l'escadre du Levant.

Alors qu'initialement, Anne Hilarion de Costentin devait disposer de 70 vaisseaux, il n'en dispose que d'une quarantaine sous-armés en hommes et en équipement.

Le 12 mai 1692 sous les ordres d'Anne Hilarion de Costentin, la flotte du Ponant quitte Brest.

Les 16 navires de l'escadre du Levant mouille à Bertheaume le 29 mai 1692.

Le 29 mai 1692, la flotte du Ponant d'Anne Hilarion de Costentin se dirige vers la Hougue, pour embarquer l'armée de Jacques II Stuart. Mais on annonce la flotte anglo-hollandaise au large de Barfleur.

L'amiral n'est pas prévenu à temps que la flotte anglaise lui est supérieure :

Louis XIV ayant donné l'ordre d'attaquer quelles que soient les circonstances, Anne Hilarion de Costentin décide d'attaquer la flotte ennemie en plein centre, pendant près de 12 heures.

Anne Hilarion de Costentin fait jeu égal avec la flotte coalisée et parvient au prix de combats acharnés et de manœuvres habiles à ne perdre aucun bâtiment.

Par contre, les Anglais déplorent la mort du contre-amiral Carter et la perte de deux navires.

Philippe Le Valois commande avec le grade de vice-amiral une escadre de 6 vaisseaux : L'Ambitieux, Le Courageux, La Couronne, Le Maure, Le Henri et Le Fort.

François de Bricqueville commande brillamment Le Courageux.

Philippe Le Valois se distingue en protégeant le Soleil Royal, navire amiral sur lequel se trouve Anne Hilarion de Costentin, attaqué par 4 vaisseaux anglais, mais il est obligé de brûler L'Ambitieux, 92 canons, et Le Fort, 58 canons, pour éviter leur capture.

Pendant le combat, Philippe Le Valois endommage lourdement le HMS Royal Sovereign, commandé par l'Admiral Delaval.

Finalement, la flotte française renonce, et tente de se mettre à l'abri, profitant de la nuit et de la brume.

Faute de fortification sur la côte normande, Anne Hilarion de Costentin tente de rejoindre Brest ou Saint-Malo. Une majorité des navires, 27 navires, parviennent à franchir le Cap de la Hague, mais 13 ne peuvent franchir des courants du raz Blanchard. Ils sont contraints de revenir vers l'ennemi et de se réfugier dans la baie de Saint-Vaast-la-Hougue.

Le 1er juin 1692, 3 navires fortement touchés s'échouent au large de Cherbourg :

L'artillerie des fortifications de la ville tient pour quelque temps l'ennemi à distance. Le stock de poudre du Soleil Royal et du Triomphant, en s'embrasant, explose et les projections provoquent de gros dégâts matériels et humains dans la ville.

La proximité des côtes françaises permet de récupérer la quasi totalité des équipages ce qui relativise la perte subit. À l'époque, il est plus aisé de remplacer un navire qu'un équipage expérimenté.

Les 2 et 3 juin 1692, les Anglais, embarqués sur des chaloupes, incendient l'un après l'autre les navires en rade de la Hougue.

Jacques II Stuart regarde sur les hauteurs de Quinéville, ce spectacle qui signifie la fin de ses ambitions.

Louis XIV ne tiendra pas rigueur à Anne Hilarion de Costentin de cette défaite.

Après la défaite de La Hougue, la marine française ne fera jamais plus jeu égal contre la marine anglaise...

Cette sévère défaite révèle la nécessité de consolider la défense de la baie, avec deux tours similaires, l'une sur le fort de la Hougue et l'autre sur Tatihou.

Elle révèle aussi amèrement l'erreur commise par les adversaires de Sébastien Le Prestre, qui ont convaincu le Roi d'arrêter les travaux du port de Cherbourg et même de détruire ses fortifications.

On impute à Louis II Phélypeaux de Pontchartrain une part de responsabilité dans ce désastre de La Hougue.

Pendant quelques décennies, les vestiges de la flotte d'Anne Hilarion de Costentin serviront de mouillage pour les marins et de ressources en bois. Peu à peu oubliées, les épaves sont redécouvertes en 1985 et présentées en partie au musée maritime de Tatihou.


Siège de Namur - par Jean-Baptiste Martin (1659 - 1735)

Siège de Namur

Pendant la guerre de la ligue d'Augsbourg, Louis XIV se déplace personnellement pour assister au siège de Namur et de sa citadelle.

L'armée sous le commandement François-Henri de Montmorency-Bouteville couvre le siège.

L'ingénieur en chef du roi, Sébastien Le Prestre est responsable des opérations de siège.

Désormais membre de l'armée de Flandre, Jean-Jules-Armand Colbert fait la campagne et participe aux sièges de Mons et de Namur.

Après un mois, la garnison commandée par Coehoorn capitule le 30 juin 1692 et quitte la ville avec les honneurs de la guerre.

Elle reprendra la ville 3 ans plus tard.

En 1692, François-Louis de Bourbon-Conti et Antoine V de Gramont participent à ce siège.

Charles-Eugène de Lévis s'illustre lors de ce siège.


Plan-relief de la forteresse de Mont-Dauphin - 1695 - Le développement attendu de la ville est anticipé et l'église est représentée alors qu'elle n'a jamais été achevée

Construction du fort de Mont-Dauphin

Pour que l'invasion par le col de Vars ne se reproduise plus, la construction du fort de Mont-Dauphin est engagée dès 1693 sous l'autorité de Sébastien Le Prestre.



Bataille de Camaret-sur-mer

Mort de Talmash

Mort de La Cousse

Dans le cadre de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, la stratégie de Guillaume III d'Orange-Nassau consiste à harceler les côtes françaises pour obliger Louis XIV à déplacer une partie de ses régiments pour les défendre et ainsi à diminuer ses forces disponibles pour se battre sur le continent.

Ainsi, Guillaume III d'Orange-Nassau décide de venir incendier l'Arsenal de Brest.

Le 6 mai 1694, alors qu'il inspecte les côtes nord de la Bretagne, Sébastien Le Prestre reçoit une lettre de Louis XIV datée du 1er mai

Louis XIV, informé par ses espions qu'une attaque anglo-hollandaise d'envergure est certaine, prend la décision exceptionnelle de lui confier le commandement de la place de Brest.

Sébastien Le Prestre est, certes, lieutenant général, mais en tant qu'ingénieur, il n'est pas censé exercer un commandement direct.

Le 10 mai 1694, une lettre du roi lui annonce la concentration de la flotte ennemie au large de Portsmouth.

Sébastien Le Prestre écourte son inspection et part pour Brest où il arrive le 23 mai 1694.

Mais il est placé sous la double subordination du Duc de Chaulnes, Gouverneur de Bretagne, et de Claude de Choiseul, commandant l'armée des côtes de Bretagne et de Normandie. Heureusement la logistique de Brest dépend de la marine. Sa coopération avec l'intendant maritime Desclouzeaux et les chefs d'escadre est excellente.

Le 26 mai 1694, une lettre du Roi datée du 22 annonce à Sébastien Le Prestre l'appareillage de la flotte ennemie commandée par les amiraux Russel et Berkeley.

Sébastien Le Prestre, aidé par l'ingénieur Traverse, examine l'état d'avancement des travaux de construction des batteries et des retranchements qui ne sont pas totalement achevés à cause d'un manque de fonds chronique.

Sébastien Le Prestre privilégie l'achèvement à la hâte des derniers retranchements prévus sur la face occidentale de la presqu'île de Roscanvel.

A l'époque, la faible cadence de tir des canons imposait de multiplier leur nombre.

Il choisit avec soin la place des pièces sur les batteries du goulet et de Camaret et veille à ce que chacune soit servie par des canonniers compétents.

L'armement de 11 canons prévu pour la tour dorée de Camaret n'a pas été livré. Sébastien Le Prestre n'y trouve que 9 pièces de 24 livres et 2 mortiers. Les troupes dont il dispose sont peu nombreuses et peu qualifiées.

Anne Hilarion de Costentin et son escadre sont en Méditerranée. Les espions en ont averti les Anglais.

Les compagnies franches de la marine permettent à Sébastien Le Prestre de compléter les équipes de pièces, garder le port, et constituer deux maigres bataillons de 600 hommes.

Le gros de l'effectif est composé de miliciens, des régionaux, majoritairement des paysans.

Sébastien Le Prestre, espère l'arrivée de troupes régulières que lui a vaguement promis Claude de Choiseul.

Une semaine avant la bataille, toutes les batteries sont servies.

La côte sud est défendue par l'un des bataillons de compagnies franches de 600 hommes, posté à Quélern.

Sébastien Le Prestre réussit à recruter parmi la population des bourgs environnants 1 700 autres bougres qu'il positionne dans les retranchements bordant les plages de la presqu'île.

Embarqués sur les deux escadres ennemies, les amiraux anglais Russel et Berkeley disposent de 10 000 fusiliers ou grenadiers aguerris armés de fusils modernes. Ils sont répartis sur 29 vaisseaux et 13 frégates. 60 navires de charge et brûlots complètent le dispositif.

Le 16 juin 1694 au matin, la flotte ennemie est repérée lors de son passage à l'Aber Wra'ch au large des côtes du nord de la Bretagne. L'alerte est donnée, de paroisse en paroisse, par des feux et des sonneries de cloches. La nouvelle parvient à l'Amirauté à la forteresse de Brest peu avant midi.

Dans la soirée, le canon d'Ouessant signale le passage de l'escadre dans le chenal du Four.

A l'aube du 17 juin 1694, l'ensemble de la flotte anglaise jette l'ancre dans les anses de Bertheaume et du Toulinguet.

Un petit navire français est dépêché vers Brest pour indiquer l'importance des forces ennemies et leurs mouillages.

Sébastien Le Prestre, prêt à toute éventualité, attend la première manœuvre de l'ennemi pour affiner son plan de défense.

Berkeley convoque sur le Britannia l'état major anglo-hollandais ainsi que Talmash, le Lieutenant général commandant les 10 000 hommes de troupe.

Comme vous le savez, Messieurs, nous ne pourrons franchir le Goulet sans avoir au préalable neutralisé :

Cette dernière a ma préférence car elle est plus rapidement accessible en touchant terre au fond de l'anse de Camaret.

Nous devrons y débarquer un contingent de 1 200 grenadiers et fusiliers qui, sous les ordres de Mr. Talmash, assisté de Mr Cutts, devra ensuite progresser en terrain hostile jusqu'au nord de la presqu'île de Roscanvel pour atteindre la batterie, s'en emparer et la réduire.

Sébastien Le Prestre voit l'ennemi mettre le pied très exactement où il a placé le piège.

Dans l'après midi, Berkeley envoie Peregrin Osborne, jeune contre amiral, Marquis de Caermarthen, futur Lord Leeds, qui commande le Monck, en mission de reconnaissance en rade de Camaret.

Il prend avec lui un autre vaisseau et plusieurs chaloupes remplies de soldats, au cas où il estimerait qu'un premier débarquement exploratoire avant la nuit serait opportun.

Les batteries côtières de la pointe du Goin et la batterie de la tour dorée de Camaret ne les laissent pas s'approcher du port. Carmarthen, impressionné, n'insiste pas et rallie l'escadre.

La surprise est totale et un conseil à bord du Britannia se tient le soir du 17 juin 1694. Une résistance aussi sérieuse n'avait pas été envisagée. Certains officiers supérieurs sont de l'avis de renoncer.

N'exagérons rien conclut Talmash, les tirs de nos vaisseaux sauront bien réduire au silence les quelques batteries du littoral. Et ce ne sont pas quelques douzaines de gardes-côtes qui tiendront devant nos soldats. Ils s'envoleront comme des compagnies de perdreaux.

Lord Berkeley met fin au conseil en confirmant que l'opération de débarquement aura lieu le lendemain dès l'aube.

Au matin du 18 juin 1694, l'anse de Camaret est couverte d'une brume épaisse.

Aux abords de la plage de Trez Rouz et de la pointe du Tremet, il ya là, sous le commandement du marquis de Langeron, 8 compagnies franches de marine et les milices du pays.

Sébastien Le Prestre a exigé que les tranchées soient suffisamment profondes pour dissimuler les défenseurs aux regards de l'ennemi. L'ingénieur Traverse est présent auprès des fantassins.

Les 450 hommes du régiment de cavalerie Duplessis basé à Châteaulin, à 45 km de Camaret, a reçu ordre de faire mouvement le 16 juin 1694 au soir.

Parti dès le 17 juin 1694, à l'aube, il longe ce matin les étangs de Kerloch et commence à monter au trot vers le village de Rigonou.

À ce moment, Talmash, toujours à l'abri de la brume, quitte silencieusement le Monck pour rejoindre les grenadiers d'élite de son Coldstream Regiment of foot guards déjà embarqués dans les chaloupes de débarquement.

Duplessis atteint Rigonou au moment même où la brume se déchire et découvre avec ses cavaliers la rade de Camaret ensoleillée et l'escadre ennemie entourée d'une multitude de barques chargées de soldats aux tuniques rouges.

Les batteries qui avaient tiré la veille, reprennent leur canonnade.

Les navires anglais et hollandais ripostent.

Il y a là 8 gros vaisseaux de guerre anglais parmi lesquels le Monck et le Damiaten, ainsi que le navire hollandais Wesep. Dix autres bâtiments plus légers les assistent.

Le manque de vent rend difficile toute manœuvre à cette flotte.

Le dispositif souhaité par Peregrin Osborne est lent à se mettre en place. Peregrin Osborne donne l'ordre de commencer le débarquement vers midi à la pleine mer.

La fine flèche de granit de Notre Dame de Rocamadour est arrachée par un boulet tiré par le Monck.

Talmash découvre avec stupéfaction l'importance des défenses françaises qui n'ont pas encore tiré un seul coup de feu. Les embarcations s'échouent sur le sable, mais … trop près des retranchements français.

Les grenadiers sautent aisément à terre mais sont accueillis par le tir latéral de la batterie de Quélern qui tire à la mitraille.

Elle prend toute la plage en enfilade et fait de nombreux morts et blessés parmi les assaillants cloués sur place. Les barques échouées sont déchiquetées par les boulets. Les défenseurs tirent au mousquets bien à l'abri de leurs retranchements.

Sur la plage au milieu des anglais, a Motte et Montargis, des huguenots français, encadrent chacun un détachement de foot guards. Ils garderont un fâcheux souvenir de leur bref retour sur la terre française.

Cutts a débarqué avec 150 grenadiers, sur le flanc le plus à l'ouest de la plage. Cet endroit se trouve protégé des tirs de la batterie française par les hauts rochers qui s'y trouvent.

Il s'organise pour riposter aux tirs et interdire aux soldats français toute tentative de sortie de leurs abris. Cette aide inespérée permet à Talmash et à quelques uns de ses hommes encore indemnes de courir vers les rochers les plus proches pour y trouver une position de tir.

Pendant près d'une heure, les pertes anglaises s'alourdissent.

Sur les ordres du marquis de Langeron, deux compagnies franches de la Royale, commandées par Benoise et de la Cousse, fortes chacune d'une centaine d'hommes, s'élancent, épée à la main ou baïonnette au canon à l'assaut de l'ennemi déjà fort diminué.

Les 100 miliciens du régiment de gardes-côtes de la Rochecourbon fondent aussi sur l'assaillant.

À ce moment, Talmash est grièvement blessé à la cuisse par un boulet.

Une partie des anglais tentent de rembarquer mais les barques encore en état de reprendre la mer doivent maintenant être halées sur les rochers que la marée descendante découvre.

Cutts continue à se battre. Ses guards sont de solides guerriers. Leurs tirs précis font mouche parmi les tuniques bleues.

Mr de la Cousse est touché grièvement à la tête.

Pour en finir, de Langeron ordonne à Duplessis de charger Cutts en faisant entrer un de ses escadrons sur la plage.

L'officier anglais voyant l'importance des renforts qui arrivent, se rend compte que lui et ses hommes ne réembarqueront pas. Ses hommes se battront jusqu'au dernier pour protéger la fuite du plus grand nombre.

Les tirs des artilleurs français et anglais ont cessé.

Sur la plage ensanglantée, les corps à corps se multiplient et tournent vite à l'avantage des défenseurs.

Les soldats de la Royale ont bien du mal à empêcher les bougres enrôlés dans les milices d'achever les blessés pour les dépouiller.

Les navires, maintenant entourés des chaloupes des rescapés, ont bien souffert pendant la canonnade.

De nombreux espars jonchent les ponts. Certaines voiles, déchirées, pendent, les vergues ou les haubans ayant été brisés. A bord du Monck, un boulet a pris le pont en enfilade, faisant beaucoup de dégâts. Un seul bâtiment repart par ses propres moyens. Les autres sont remorqués par les quelques canots encore en état.

La frégate hollandaise Wesep de 34 canons, désemparée, s'échoue sur les rochers de l'anse du sillon et Mr. de la Gandinière y menant ses mousquetaires oblige l'équipage à se rendre, après une brève résistance pendant laquelle le commandant du vaisseau et 40 de ses hommes sont tués.

En moins de 2 heures, l'opération de débarquement anglo-hollandais a tourné au désastre. 1091 soldats et marins ont été tués ou blessés. 466 anglais ont été fait prisonniers et seront transférés dans les geôles de Nantes.

Côté français, on relève quelques blessés dont l'ingénieur Traverse et le lieutenant de vaisseau de Benoise ainsi que le capitaine de la Cousse qui meurt quelques jours plus tard.

Dans l'après midi, à bord du Brittania où a été transporté Talmash, un conseil de guerre est tenu par Berkeley.

Talmash, malgré son état, propose qu'une partie de l'escadre tente coûte que coûte de franchir le goulet pour pénétrer en rade de Brest et bombarder le port. Berkeley et tous les autres membres du conseil font part de leurs réserves.

Il est décidé que toute la flotte mettra à la voile le 19 juin 1694 au matin pour retourner en Angleterre.

Talmash meurt le 22 juin 1694 pendant le voyage de retour en Angleterre

Sébastien Le Prestre envoie de Camaret son rapport à Versailles.

Le roi apprend la nouvelle du triomphe de ses marins le 22 juin 1694 à son réveil.

Suite à ce désastre, Guillaume III d'Orange-Nassau renoncera pour un temps aux opérations de débarquement.

Dès juillet 1694, les anglais privilégient alors de petits bombardements par mer contre les ports du Havre, de Dieppe, de Dunkerque et de Calais, sans faire trop de dégâts.



Sébastien Le Prestre Membre honoraire de l'Académie royale des Sciences

Sébastien Le Prestre devient Membre honoraire de l'Académie royale des Sciences le 18 février 1699.


Dessin représentant le château d'Ussé-1699

Louis II Bernin Marquis d'Ussé

En septembre 1700, la châtellenie d'Ussé est érigée en marquisat en faveur de Louis II Bernin de Valentinay, receveur général des finances à Tours.

Le domaine comprend également les terres de Rivarenne et Bréhémont.

Il est écrit dans le dossier : " La Seigneurie d'Ussé est très considérable, et d'une grande étendue, consistant en un château avec 5 grosses tours et fermé de fossés à fond de cave et pont-levis, dans l'enceinte duquel est une église (chapelle actuelle), qui en est la paroisse où il y a un Chapitre composé d'un Doyen et de 5 chanoines de la Fondation des Seigneurs du dit lieu, avec un parc de soixante arpents, clos de murs, et avec tous les ornements qui peuvent rendre une terre capable de porter un titre éminent ".

Ami de Charles Perrault, Louis II Bernin le reçoit plusieurs fois au château d'Ussé.

Sébastien Le Prestre vient plusieurs fois au château et plusieurs plans de fortification y sont réalisés.

Il est d'ailleurs l'auteur de la construction " italienne " et des terrasses du château, ainsi que de l'allée dite des Cavaliers.



Disgrace de Nicolas de Catinat

Nicolas de Catinat est disgracié en 1701 à la suite d'une conspiration.

Nicolas de Catinat se retire dans son château de Saint-Gratien et y vit avec sa sœur et son frère.

Nicolas de Catinat partage son existence entre la culture des arbres fruitiers et la gestion de son domaine qui s'étend depuis Orgemont jusqu'aux rives du lac actuel d'Enghien.

Nicolas de Catinat y reçoit Jacques-Bénigne Bossuet, Fénelon, Sébastien Le Prestre, Mme de Sévigné, Mme de Coulanges, François VII de La Rochefoucauld.

Voltaire dit de lui : Catinat réunit par un rare assemblage les talents du guerrier et les vertus du Sage.


Sébastien Le Prestre - par Hyacinthe Rigaud en 1704

Sébastien Le Prestre Maréchal de France

Sébastien Le Prestre, Marquis de Vauban, est fait Maréchal de France en 1703 par Louis XIV.



Siège de Montmélian

Bataille de Cassano

Mort de Joseph de Lorraine

Mort du Prince de Wurtemberg

Eugène-François de Savoie-Carignan blessé

En 1705, l'armée de Louis-Joseph de Vendôme, qui a reçu des renforts, tente de soumettre Victor-Amédée II de Savoie, récent allié des Autrichiens.

Louis XIV met le siège devant Montmélian en 1705.

Prise, la citadelle est détruite en 1706, sur ordre du roi de France et le conseil de Sébastien Le Prestre.

La colline qui l'accueillait est aujourd'hui nue et est devenue un belvédère.

Victor-Amédée II de Savoie implore l'empereur de lui envoyer de l'aide.

Eugène-François de Savoie-Carignan, commandant ces renforts, se trouve opposé à Philippe de Vendôme, le grand prieur.

Cet homme, un dilettante, se laisse surprendre sur les rives de l'Adda par l'attaque féroce d'Eugène-François de Savoie-Carignan, mais celui-ci, plus à cause de la profondeur du fleuve qu'à cause de la résistance des Français, ne parvient pas à traverser et décide de reporter son attaque sur Cassano en Lombardie au nord de l'Italie.

Le 16 août 1705, grâce à une marche forcée, Louis-Joseph de Vendôme se trouve face à lui, ce qui ne détourne pas Eugène-François de Savoie-Carignan de son idée.

Il attaque si violemment l'armée française, que ses troupes parviennent à traverser et poussent leurs ennemis à l'eau.

Ceux-ci reviennent à la charge et obligent les Impériaux à retraverser.

Pendant une heure, malgré les efforts Louis-Joseph de Vendôme qui se met 2 fois à la tête de ses troupes pour les ramener au combat, les Français sont de nouveau repoussés avec pertes au delà de l'Adda, par la droite de l'armée impériale.

L'attaque n'est pas moins rude sur le flanc droit des Français dont plusieurs bataillons sont renversés.

Mais les Autrichiens ne parviennent pas à y soutenir leur assaut car leurs armes à feu sont mouillées après avoir traversé la rivière. Ils sont repoussés, et beaucoup périssent noyés.

Les Autrichiens ne parvenant pas à traverser le fleuve, le combat tourne donc finalement à l'avantage des Français.

Louis-Joseph de Vendôme et Jacques Éléonor Rouxel gagnent cette bataille.

Eugène-François de Savoie-Carignan qui se trouve durant l'action au plus fort du feu, ordonne le repli.

La bataille, commencée à une 13 heures, finit à 17 heures.

Les deux camps subissent de fortes pertes, mais les Français en sortent victorieux.

Les Impériaux qui ne sont pas poursuivis, se retirent sur Treviglio.

La nuit du combat, Eugène-François de Savoie-Carignan fait conduire les blessés à Palazzuolo, où selon un état du commissaire impérial, on en compte 4 347.

Ils laissent sur le champ de bataille 6 584 hommes et 1 942 prisonniers.

Parmi les blessés se trouvent le prince Joseph de Lorraine et le prince de Wurtemberg qui meurent de leurs blessures.

Eugène-François de Savoie-Carignan est également blessé.

La résistance française à Cassano ruine toutes les dispositions qu'avait prises Eugène-François de Savoie-Carignan pour pénétrer en Piémont et pour secourir Victor-Amédée II de Savoie, qui se trouve ainsi fort pressé.

Elle contraint les Impériaux à prendre leurs quartiers d'hiver sur place.



Mort de Sébastien Le Prestre

Sébastien Le Prestre est Marquis de Vauban, Seigneur de Bazoches, de Pierre Pertuis, de la Chaume et d'Épiry.

Sébastien Le Prestre meurt à Paris le 30 mars 1707.

Il est inhumé en l'église Saint-Hilaire de Bazoches dans la Nièvre.

Vauban et Champignolles passent à Jeanne-Françoise Le Prestre, sa fille.


Menu contextuel

Si, dans le résultat d'une recherche, un nom de personne ou de lieu ou une date vous interpelle, sélectionnez-le et faites un clique droit pour lancer une nouvelle recherche.


Si ce site vous est utile, placez le dans vos favoris ou marques-pages !