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7 événements affichés, le premier en 1685 - le dernier en 1752



Naissance de Jacques-Pierre de Taffanel

Jacques-Pierre de Taffanel naît au château de Lasgraïsses près d'Albi dans le Tarn le 18 avril 1685.

Il est grand-cousin par son arrière-grand-mère du célèbre navigateur La Pérouse.



Jacques-Pierre de Taffanel Marin

Jacques-Pierre de Taffanel a fait ses premières armes sous Louis XIV où il s'est révélé un bon marin.

En 1746, Jacques-Pierre de Taffanel a déjà servi 49 ans dans la marine française.

Jacques-Pierre de Taffanel participe en 1746 à l'Expédition du Duc d'Anville et ramène les survivants après l'échec de celle-ci, victime des tempêtes et des épidémies.


Jacques-Pierre de Taffanel de La Jonquière

Jacques-Pierre de Taffanel Gouverneur de la Nouvelle-France

En 1747, en Jacques-Pierre de Taffanel est nommé lieutenant-général et gouverneur de la Nouvelle-France : le Canada, l'Acadie, la Louisiane et autres pays en dépendant, en remplacement La Galisonnière.


Première bataille du cap Finisterre Première bataille du cap Finisterre - gravure hollandais - aucun navire n'explose contrairement à ce que laisse entendre l'image Première bataille du cap Finisterre - Le Chevalier de Saint-George présentant son épée à l'amiral George Anson

Bataille navale du cap Finisterre

George Anson Paire et Vice-amiral

Mariage de George Anson

Durant la guerre de Succession d'Autriche, la France et l'Angleterre protègent leurs navires de commerce en formant de grands convois escortés contre les corsaires et les vaisseaux adverses.

Deux convois français sont prévus pour le printemps 1747.

Le premier est purement militaire puisqu'il s'agit d'apporter de gros renforts pour le Canada où l'on n'a pas renoncé à reconquérir la forteresse de Louisbourg.

Un convoi de 40 navires de charge doit quitter Brest en mai 1747 sous les ordres de Jacques-Pierre de Taffanel de La Jonquière, un chef d'escadre expérimenté, habitué des missions d'escorte et qui doit prendre le poste de gouverneur du Canada.

On peut cependant se demander si le succès des précédentes missions n'amène pas le ministre à baisser un peu la garde, puisque ce convoi très important ne bénéficie que d'une escorte de 3 vaisseaux et 2 frégates seulement.

Le plus puissant, le Sérieux, que monte Jacques-Pierre de Taffanel, n'a que 64 canons, et le Rubis, qui porte en théorie 52 canons est en fait armé en flûte et n'en embarque que 30.

Le deuxième convoi, sous les ordres du chevalier de Saint-Georges est essentiellement commercial. Il s'agit de 15 voiles de la Compagnie des Indes à destination de Pondichéry et de l'Hindoustan portant aussi du ravitaillement et quelques renforts.

Il sort de Lorient avec sa petite escorte de 2 vaisseaux (et sans doute quelques frégates) mais un violent coup de vent disperse quelques navires de commerce et de guerre.

Ces derniers rejoignent, à l'île d'Aix, Jacques-Pierre de Taffanel qui décide de les prendre sous sa protection, ce qui lui permet aussi de récupérer une grosse unité de 74 canons pour l'escorte.

Il dispose maintenant de 6 vaisseaux :

On remarque que la Gloire et l'Émeraude n'ont que 40 canons, ce qui en fait des unités plus proches de la grosse frégate que du véritable vaisseau de ligne.

Sur le papier l'escorte française dispose donc d'à peu près 400 canons, qu'il faut en fait réduire à 298 si on retranche les bouches à feu des frégates qui ne doivent normalement pas être engagées dans une bataille navale.

Jacques-Pierre de Taffanel a sous son commandement 2 819 marins et soldats de marine.

En 1747, l'Angleterre décide de serrer la côte française au plus près avec une nouvelle escadre, le Western Squadron, chargée de guetter l'arrivée ou le départ des convois qui partent vers les Antilles et les Indes. Ils sont aussi souvent prévenus par un service d'espionnage renforcé.

Le Western Squadron est confié à George Anson, secondé par Peter Warren. C'est une force considérable qui comporte :

La présence d'une seule frégate est étonnante car ces navires sont normalement essentiels pour l'éclairage de l'escadre et une force de 14 vaisseaux en dispose normalement de 4 ou 5.

Ce squadron compte à peu près 1 000 canons servis par 8 000 marins, soit largement plus du double de ce dont dispose Jacques-Pierre de Taffanel.

Avec un tel écart de force, les Français n'ont aucune chance de pouvoir échapper à l'anéantissement ou même simplement de repousser l'adversaire si une rencontre vient à se produire.

Jacques-Pierre de Taffanel et le chevalier de Saint-Georges quittent l'île d'Aix le 10 mai 1747, avec l'intention de naviguer groupés jusqu'au large de la Galice, puis de se séparer pour atteindre chacun leur destination.

Les Anglais, informés depuis longtemps de ce départ, guettent le convoi dans le golfe de Gascogne.

Deux cultures militaires se font face :

Le 14 mai 1747 au matin, les deux flottes sont en vue l'une de l'autre au large du cap Finisterre ou du cap Ortégal.

Les Français font route au sud-ouest et voient se détacher les voiles anglaises qui arrivent par le nord-ouest.

L'escadre d'Anson progresse en ligne de front, déployée sur près de 9 milles de long, sans doute pour profiter du vent qui est presque arrière (nord-nord-ouest).

Côté français on sait que l'escadre anglaise va rattraper tôt ou tard le convoi car les navires de commerce sont beaucoup plus lents que les vaisseaux de guerre.

Jacques-Pierre de Taffanel sonne le branle-bas de combat et forme sa ligne de bataille en y intégrant 4 gros navires armés de la Compagnie des Indes, ce qui sur le papier lui donne 10 vaisseaux face aux 14 d'Anson.

Il fait régler la marche de l'escorte sur le convoi en diminuant ses voiles et observe l'escadre anglaise qui approche.

L'essentiel de la journée se passe ensuite à manœuvrer pour éloigner cette dernière du convoi.

Vers 13 h 0, les Anglais sont à 3 milles.

Jacques-Pierre de Taffanel s'interpose entre eux et le convoi qui fuit au sud-ouest avec 2 (ou 6) frégates.

Les Anglais se forment à leur tour en ligne de bataille et se rapprochent peu à peu en parallèle de la ligne française.

Peter Warren, devinant que les vaisseaux français ne désirent que lui barrer la route pour permettre au convoi de passer, demande à George Anson de faire hisser le signal ordonnant la chasse générale au convoi.

Après semble-t-il un moment de confusion, George Anson suit la proposition de son second et l'escadre anglaise abandonne la ligne de bataille pour se jeter à la poursuite du convoi, toutes voiles dehors, ce que doit faire aussi l'escorte française pour ne pas se laisser distancer.

Vers 16 h 0, les Anglais sont à portée de tir des transports de troupes.

Jacques-Pierre de Taffanel n'a plus le choix : il coupe la route du Western Squadron pour le forcer à combattre et protéger le convoi.

La bataille qui s'engage prend aussitôt un tour acharné et sanglant.

Les premiers vaisseaux anglais tirent à démâter pour neutraliser ou ralentir les navires français qui sont ensuite pris à partie par les grosses unités de la Navy plus lourdes et plus lentes comme le HMS Prince George ou le Namur.

La mêlée dure plus de 3 heures au milieu d'un violent orage.

Les vaisseaux français, de plus petit gabarit et qui combattent sur les deux bords, succombent les uns après les autres.

Deux des quatre navires de la Compagnie des Indes réussissent à s'enfuir, les deux autres sont capturés, ainsi qu'une partie des frégates.

À la nuit tombante le drame est consommé, même si la bataille s'attarde, car un vaisseau donne du fil à retordre aux chefs anglais. Il s'agit de l'Invincible qui livre un combat aussi acharné que désespéré à toute l'escadre anglaise.

Ce puissant navire, sorti depuis1744 des chantiers navals, montre sa valeur entre les mains habiles du chevalier de Saint-Georges et ne se rend qu'après 8 heures de combat.

Ses munitions étant épuisées, le chevalier de Saint-Georges aurait fait tirer une dernière fois en chargeant ses canons avec son argenterie.

En présentant son épée à l'amiral George Anson, le chevalier de Saint-George, qui ne semble pas trop affecté par l'issue du combat, a encore assez d'esprit pour un calembour : Monsieur, vous avez vaincu l'Invincible et la Gloire vous suit.

Parmi les prisonniers se trouve le jeune Marion Dufresne, futur navigateur et explorateur de l'océan Pacifique.

Un capitaine anglais fait l'éloge du comportement des officiers français : Je n'ai jamais vu une meilleure conduite que celle du commodore français ; et, pour dire la vérité, tous les officiers de cette nation ont montré un grand courage ; aucun d'eux ne s'est rendu que quand il leur a été absolument impossible de manœuvrer.

Les 2 819 marins, soldats et officiers de l'escorte sont tous capturés, tués ou blessés.

Les pertes sont très élevées, même s'il est difficile de les connaître avec précision :

Côté anglais, c'est clairement une victoire puisque l'escadre française a été entièrement capturée.

Côté français, ont retient surtout que Jacques-Pierre de Taffanel a rempli sa mission, puisque pour l'essentiel les navires civils sont passés.

Après l'engagement, George d'Anson envoie le Monmouth, le Yarmouth et le Nottingham, 3 de ses vaisseaux les moins endommagés, donner la poursuite au convoi du Canada, mais une bonne partie de celui-ci réussit à se sauver.

Cependant la capture de Jacques-Pierre de Taffanel fait capoter le projet de reconquête de Louisbourg. Le chef français va passer plusieurs mois en captivité en Angleterre où il est très bien traité, comme tous les officiers.

Quant au convoi de la Compagnie des Indes, plus personne n'en fait mention ce qui indique qu'il a profité du combat pour se sauver lui aussi.

Cinq navires gagnent l'île de Saint-Catherine sur les côtes du Brésil.

Sans nouvelles du reste du convoi, ils reprennent la mer le 9 août 1747.

Ils arrivent à l'Île-de-France le 12 octobre 1747 avant de filer vers Pondichéry porter des renforts à Dupleix.

La bataille n'a pas de grandes conséquences stratégiques, la Guerre de succession d'Autriche étant sur le point de se terminer.

Pour conclure, on peut s'attarder sur les conséquences tactiques à court et à long terme de cette bataille.

Au Ministère de la marine, on se rend compte que la stratégie des convois escortés a atteint ses limites. Jérôme Phélypeaux de Pontchartrain fait renforcer les escortes en augmentant le nombre et la puissance des vaisseaux destinés à ces missions.

Côté Anglais, on examine avec beaucoup de curiosité l'Invincible, vaisseau si difficilement capturé, pour se rendre compte avec étonnement de son avance technique.

Il va être intégré à la Royal Navy sous le nom de HMS Invincible et va être à la base d'une nouvelle série de vaisseaux de ligne, la Valiant Class, qui formera l'ossature de la marine anglaise jusqu'en 1815.

Le Rubis, le Diamant et le Jason, capturés, seront intégrés dans la Royal Navy.

Cette bataille vaut à George Anson le titre de Pair de Grande-Bretagne et le grade de vice-amiral. Il devient Lord Anson, Baron de Soberston.

Peter Warren est lui reçu dans l'Ordre du Bain.

George Anson épouse en 1747 la fille ainée du Lord Chancelier Lord Hardwicke.

George Anson va devenir l'un des principaux responsables de la Royal Navy et va engager celle-ci sur la voie de réformes profondes qui lui apporteront de grandes victoires et la maîtrise des mers pendant le conflit suivant.



Jacques-Pierre de Taffanel à Québec

Jacques-Pierre de Taffanel, nouveau gouverneur de la Nouvelle-France, arrive finalement à Québec en 1749 après la conclusion du traité de paix.

C'est un gouverneur actif dans la défense de la colonie française.



Construction du Fort Rouillé

En 1750, poursuivant la politique établie par son prédécesseur, il fait édifier le Fort Rouillé, situé à l'emplacement de la ville actuelle de Toronto, et le nomme ainsi en l'honneur d'Antoine Louis Rouillé, ministre de la Marine.

Jacques-Pierre de Taffanel est mêlé à certaines spéculations de l'intendant François Bigot.

Pour récompenser ses services Louis XV le fait Marquis et Grand Croix de Saint-Louis.



Mort de Jacques-Pierre de Taffanel Marquis de la Jonquière

Jacques-Pierre de Taffanel meurt à Québec le 17 mars 1752.


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