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Carthage de retour en Sicile

Le départ d'Hannon et le trésor de guerre accumulé facilitent pour les Carthaginois la reprise de la lutte contre les Grecs à la fin du Vème siècle.

La venue au pouvoir d'un ennemi des Grecs, Hannibal, le petit fils d'Hamilcar, le vaincu d'Himère, et la demande de secours de Ségeste changent la donne.

Carthage utilise la diplomatie mais Syracuse et Sélinonte rejettent ces tentatives.



Prise d'Agrigente

Prise de Gela

Hamilcar dirige une nouvelle expédition, assisté d'Himilcon, avec une armée considérable et la première cible est Agrigente.

La guerre commence mal pour les Carthaginois dont les tours d'assaut sont détruites par les assiégés.

L'armée d'Hamilcar détruit les mausolées et s'acharne sur celui de Théron.

Une épidémie frappe le camp carthaginois et Hannibal périt.

En 406 avant Jésus-Christ, Himilcon prend le commandement mais le moral des troupes est faible. Une puissante armée venue de Syracuse gagne un premier combat et bloque le camp ennemi.

La flotte punique capture un convoi grec et ainsi soulage Himilcon.

L'indiscipline des Grecs sauve son armée. Les mercenaires, en particulier les Campaniens changent de camp. Les Agrigentins fuient leur ville.

Himilcon prend cette ville déserte et y rafle un important butin.

Et l'armée punique marche sur Gela. Les défenseurs fuient devant les envahisseurs. Gela est prise facilement.



Navarase premier roi des Massyles

D'après Polybe, historien grec, né en 200 avant Jésus-Christ et connaisseur de l'Afrique pour y avoir séjourné longtemps, le premier roi des Massyles est Navarase, beau-frère de Hannibal (247-183 avant J.C.) grand général et homme d'État carthaginois.



Bataille navale de Myles

Les romains construisent leur première grande flotte. En 260 avant Jésus-Christ, a lieu la première confrontation navale non loin Lipari. Lors de cette bataille les romains placés sous le commandement de Gnaeus Cornelius perdent 17 navires

Mais peu de temps après non loin de Milazzo, les Romains de Caius Duilius (ou Duilio) Nepos battent les Carthaginois, lors de la bataille de Myles au large de la côte septentrionale de la Sicile.

Cette bataille voit l'affrontement de 130 galères carthaginoises contre 145 romaines.

L'utilisation nouvelle des grappins est la cause de la défaite Punique.

Ceux-ci abandonnent ou perdent 44 navires et plus de 10 000 hommes. Le navire amiral est abordé et saisi tandis qu'Hannibal fuit sur une embarcation légère.


Batailles de Drépane

Bataille de Lilybée

Bataille de Drépane

En 250 avant Jésus-Christ, Lilybée est la base navale la plus importante des Carthaginois en Sicile. Rome envisage de la détruire et, pour cela, prépare une expédition de 200 unités récentes.

Carthage, ayant connaissance de ces préparatifs, renforce ses troupes.

Les Romains se présentent devant Lilybée (aujourd'hui Marsala) avec 240 galères et un grand nombre de bâtiments de transport contenant 110.000 hommes.

Pendant ce temps, Carthage prépare un renfort de 4 000 hommes, répartis en 2 groupes dont l'un doit, sous les ordres d'Hannibal, fils d'Hamilcar, forcer l'entrée du port de Lilybée, bloquée par les Romains.

Profitant d'un vent violent, Hannibal entre en force dans le port assiégé, bousculant les bâtiments romains qui craignent de se faire entraîner par le vent avec leurs ennemis.

Le débarquement des troupes s'effectue sans encombre.

Le deuxième groupe, commandé par Adherbal, doit renforcer la garnison de Drépane.

Sa flotte est devant le port.

Les Romains débordés à Lilybée, envisagent d'attaquer Drépane pour affaiblir les forces carthaginoises. L'avant-garde de leur escadre se présente à l'aube devant le port.

Adherbal fait alors appareiller ses unités et les conduit vers une baie située aux pieds de falaises qui se trouvent du côté opposé à celui de l'arrivée des Romains.

Les Romains continuent à faire route vers l'entrée du port jusqu'au moment où ils reçoivent l'ordre de faire demi-tour, alors qu'ils sont déjà engagés dans les passes.

La plus grande confusion s'abat sur l'escadre romaine, et Adherbal en profite pour lancer ses navires contre elle.

Une trentaine de navires seulement peuvent s'échapper, tandis que 93 bâtiments sont capturés.

Peu après, ce succès carthaginois est complété par la destruction d'une flotte romaine de 120 vaisseaux de guerre et 800 bateaux de transport qui fait route pour ravitailler l'escadre romaine occupée au blocus de Lilybée. Elle est surprise par la flotte carthaginoise qui lui barre la route, la contraignant à subir une violente tempête qui la jette à la côte.



Naissance d'Hannibal

Hannibal naît en 247 avant Jésus-Christ, fils Hamilcar Barca.



Expédition en Espagne

Hamilcar Barca recrute et entraîne une nouvelle armée lors de quelques incursions en Numidie.

En 236 avant Jésus-Christ, il prend la responsabilité d'une expédition en Espagne où il espère gagner un nouvel empire pour compenser Carthage de la perte de la Sicile et de la Sardaigne.

Hannibal Barca, âgé de 9 ans, accompagne son père dans cette expédition.

En 8 ans, par la force des bras et de la diplomatie, Hamilcar crée un vaste territoire en Espagne, riche en ressources minières et une armée composée pour l'essentiel des redoutables guerriers ibériques.

Hamilcar fonde en Espagne un État théoriquement soumis à Carthage, mais dont il est le maître et où il trouve les ressources nécessaires à la revanche contre Rome.



Siège d'Héliké

Mort d'Hamilcar Barca

Hasdrubal le Beau Commandant en chef

À l'hiver 229 avant Jésus-Christ, lors du siège d'Héliké (Elche), Hamilcar Barca se noie dans les eaux du Júcar en crue.

A la mort d'Hamilcar, son fils Hannibal, qu'il a formé pour être son successeur et a imprégné de sa haine pour Rome, est trop jeune pour succéder à son père.

Hasdrubal, gendre d'Hamilcar Barca, convoque un congrès des principaux chefs ibères et réussit à se faire nommer commandant en chef de toute la nation. Le peuple de Carthage ratifie ce choix.

Le tempérament d'Hasdrubal le porte plutôt vers la politique que vers la guerre. Il s'applique donc à organiser le nouvel État et à accentuer le caractère monarchique.

Entre sa 18e et 25e année, Hannibal est responsable de la réalisation des plans de son beau-frère Hasdrubal le Beau.



Mort d'Hasdrubal le Beau

Hannibal Barca Commandant carthaginois en Espagne

Guerre entre Sagonte et les Turbolètes

En 221 avant Jésus-Christ, un Celte, qui a juré de ne pas survivre à son seigneur crucifié naguère par ordre d'Hasdrubal, poignarde le monarque carthaginois.

L'armée choisit comme commandant son fils Hannibal Barca.

La guerre éclate entre la colonie romaine Sagonte et ses voisins Turbolètes. Hannibal, en chef des forces de la ligue ibérique doit les soutenir.

Carthage est liée par le traité de 226 avant Jésus-Christ qui lui interdit d'attaquer une ville grecque ou située au nord de l'Iber (sans doute le Jucar).

Durant l'hiver 221 avant Jésus-Christ à 220 avant Jésus-Christ, Hannibal Barca rassemble une armée de 50 000 fantassins, 6 000 cavaliers et 200 éléphants.

En l'espace de 2 ans, Hannibal soumet l'Espagne entre le Tage et l'Èbre, à l'exception de la colonie romaine de Sagonte.


Hannibal Barca jeune - Bronze de Volubilis - musée de Rabat Scipion L'Africain - Musée de l'Acropole

Deuxième guerre punique

Entre 219 avant Jésus-Christ et 201 avant Jésus-Christ, la seconde guerre punique a pour but la domination de la Méditerranée.

Hamilcar Barca a deux fils :

Hannibal Barca, général Carthaginois, fort des richesses ibériques, espère les alliances gauloise et campanienne. Il demande l'aide aux Boïens et aux Insubres, qui garderont les cols des Alpes et Pyrénées contre de l'argent.

Les Boïens et Insubres se joignent à Hannibal, puis vient le tour des Ligures.

Hannibal projette de séparer de Rome ses alliés de Campanie et d'Italie méridionale, en ébranlant la Confédération italique avec l'aide des Celtes.



Prise de Sagonte

Hannibal Barca blessé

En 219 avant Jésus-Christ., Hannibal Barca débute le siège de Sagonte, allié de Rome. Les combats sont rudes, Hannibal est blessé. Rome mobilisée en Illyrie ne bronche pas.

A l'automne 219, la cité est prise par surprise durant des négociations après un siège de 8 mois. Le butin est envoyé en partie à Carthage.

Hannibal Barca rentre à Carthagène.



Ambassade romaine à Carthage et déclaration de guerre

Le Sénat romain envoie des ambassadeurs auprès d'Hannibal Barca, c'est un échec.

Puis ils vont à Carthage et se plaignent de l'accueil de Carthagène. Seul Hannon plaide pour le retour à la situation antérieure, il pense qu'un conflit renforcerait les Barcides.

A Rome, on est divisé au sujet de la guerre et la perspective d'un autre front contre la Macédoine refroidit les ardeurs des sénateurs.

En mars 218 avant Jésus-Christ, une nouvelle ambassade romaine vient à Carthage, exiger l'évacuation de Sagonte et la livraison d'Hannibal Barca et de ses lieutenants coupables d'avoir rompu le traité.

Les réponses sont plurielles :

Furieux, Fabius plie son habit et dit :

Le suffète répond:

L'ambassade se rend ensuite en Espagne pour y chercher des alliés, mais les chefs contactés n'ont plus confiance en Rome après l'abandon de Sagonte.

Les Gaulois Transalpins consultés répondent indignés qu'il est extravagant de proposer d'attirer la guerre sur leur propre territoire, pour qu'elle ne passe point en Italie et rejettent les propositions des Romains.


Les forces romaines

Rome connaît une expansion démographique lui permettant d'aligner 500 000 fantassins et 50 000 cavaliers, plus faciles à mobiliser en Italie pour la défendre que des Espagnols ou des Africains pour l'attaquer.

Cette abondance d'effectifs permet aux officiers d'effectuer une sévère sélection et en cas de défaites mêmes sévères, ils peuvent combler les pertes.

Bien entendu dans l'antiquité, il n'est pas question d'équiper tous les adultes en âge de combattre. Le tumultus romain est la levée en urgence et non la levée en masse.

La situation financière de Rome est bonne, les conquêtes rapportent du butin et des tributs.

L'armée romaine est passée de 4 légions à 6.

La marine comporte 220 quinquérèmes. Cette suprématie navale interdit toute opération navale à l'ennemi et assure la logistique des légions.

Les forces politiques opposées avant le déclenchement de la guerre font l'union sacrée contre Hannibal.


Les forces carthaginoises

L'économie punique est florissante et les richesses de l'Andalousie s'ajoutent à celles de l'Afrique.

Au printemps 218 avant Jésus-Christ, ces moyens économiques permettent à Hannibal de mobiliser à Carthagène et d'équiper une solide armée composée de :

La marine punique est réduite à 150 quinquérèmes dont 50 stationnent à Carthagène.

Les citoyens forment le gros de la cavalerie lourde et des équipages de la flotte.

Une grande part de cette armée est constituée des contingents d'autres cités puniques et de soldats mercenaires recrutés en Espagne et des Africains.

Hasdrubal Barca, jeune frère Hannibal, lui succède comme chef des armées carthaginoises en Espagne. Hannibal lui laisse 20 000 soldats pour tenir le domaine des Barcides :

Hannibal prépare également la défense de Carthage et envoie des troupes Ibériques protéger l'Afrique de l'Ouest, et les Africains de l'Ouest renforcer la métropole.

La marine romaine est trop puissante et Hannibal est persuadé que seules une grande victoire en bataille rangée ou la prise de Rome permettront de conclure le conflit.

Sa force principale repose sur les troupes montées à l'opposé de Rome où l'infanterie est essentielle. S'inspirant d'Alexandre le Grand, Hannibal considère comme déterminante la mobilité et donc la cavalerie.

Son objectif est d'entraîner dans sa marche les Gaulois de part et d'autre des Alpes, puis les peuples italiens pour écraser Rome.

A Carthage, il s'appuie sur un mouvement populaire opposé à l'aristocratie punique et compte sur l'équivalent en Italie.


Marche d'Hannibal

Début de la marche sur Rome

En mai 218 avant Jésus-Christ, Hannibal quitte Carthagène et franchit l'Èbre avec une armée de 40 000 hommes environ, dont la cavalerie et un grand nombre d'éléphants. Il entreprend sa marche sur Rome.

Les consuls romains, Tiberius Sempronius Longus et Publius Cornelius Scipio ont planifié 2 opérations simultanées.

Scipio part de Pise avec 2 légions pour la péninsule ibérique, y couper les sources d'approvisionnement d'Hannibal.

Sempronius se rend en Sicile pour débarquer en Afrique à la manière d'Agathocle et Regulus mais avec plus de succès.

Les Romains s'emparent de Naples.

Hannibal remonte vers le Nord en négligeant les comptoirs d'Emporion et Rhodes, et rencontre une vive résistance des Ibères de Catalogne.

Hannibal passe avec des pertes sensibles et il laisse à un officier nommé Hannon, le gouvernement de la région avec 10 000 fantassins et 1 000 cavaliers.



Franchissement des Pyrénées

C'est avec environ 50 000 fantassins et 9 000 cavaliers, qu'Hannibal franchit les Pyrénées au col du Perthus.

Il rencontre les Volques Arécomices qui viennent de conquérir ce territoire. La plupart des Celtes accueillent volontiers les Carthaginois dont la venue a été annoncée par les agents d'Hannibal.



Franchissement du Rhône

Les Salyens sont aussi bienveillants et l'armée d'Hannibal atteint le Rhône en août 218 avant Jésus-Christ, vers Orange.

Là, une armée gauloise se tient en position de l'autre côte du fleuve.

Les dirigeants de Massalia ont envoyé un message au consul Scipio qui vient de débarquer dans le Delta avec 3 légions et soixante galères.

Massalia lui fournit des vaisseaux et des hommes.

Pour ne pas être pris entre deux ennemis, Hannibal envoie en toute discrétion, un détachement vers le Nord avec l'ordre de traverser en un endroit paisible et revenir vers le Sud attaquer au moment où les premières barques accosteront.

Les hommes traversent en barque, les chevaux à la nage mais les éléphants sont effrayés. Il faut construire des radeaux et les recouvrir de terre et d'herbe.

La manoeuvre est parfaitement exécutée et les Gaulois attaqués sur deux fronts subissent de lourdes pertes.

Le consul Scipio, apprenant qu'Hannibal tente de traverser le fleuve, se presse vers le Nord et rencontre une troupe de 500 cavaliers numides. Son avant-garde la bouscule, Scipio s'imagine qu'il a fait fuir Hannibal.

Publius Scipio le poursuit en vain. Ainsi la région est à peine touchée par cette invasion.


Franchissement des Alpes

Franchissement des Alpes

En août et septembre 218 avant Jésus-Christ, Hannibal choisissant l'Italie, pour champ de bataille, a décidé de franchir les Alpes plus au nord.

Hannibal propose à ses troupes :

Ou vaincre ou mourir ! Vainqueurs, toutes les richesses de Rome nous appartiendront, Vaincus, nous aurons pour lot la honte et l'esclavage !

Hannibal traverse en trois mois les Alpes

Il est probable qu'il a emprunté la Maurienne (Val d'Ambin, Col du Clapier, Suse).

Il prend la route de l'Isère puis celle de la Maurienne pour se rendre dans le pays des Allobroges partagé entre deux prétendants.

Hannibal traversa ainsi le pays des Tricastini et des Tricorii. Sur presque toute la route, les lieux où il s'arrêta s'appellent encore aujourd'hui le camp d'Annibal.

Les Allobroges tentèrent en vain de leur barrer le passage.

La route devient difficile, la neige et les rochers s'ajoutent sont autant d'obstacles en plus des montagnards Ligures.

En arrivant en Italie, l'armée d'Hannibal ne compte plus que 20 000 fantassins, 6 000 cavaliers et 3 éléphants.



Renfort de Gaulois Cisalpins

Mais les Boïens et les Insubres venaient de se soulever et furieux de l'installation récentes de colons romains à Crémone et Plaisance, attaquaient ces deux cités et expulsaient les colons vers Modène.

Les Gaulois viennent rejoindre l'armée d'Hannibal.

Hannibal s'allia avec les pays soumis de Rome (Gaulois, Étrusques et même Italiens).

Quand le carthaginois repart en guerre, juste avant l'hiver, ses troupes viennent d'être significativement renforcées par des Gaulois.

Chez les Romains, c'est l'inquiétude d'autant que Capoue, sa rivale économique, s'oppose à Rome.

La flotte et les troupes parties en Sicile, sont rappelées mais l'expédition en péninsule ibérique, conduite par Cneius Scipio bénéficie de 2 légions.

Publius Scipio, de retour de Massalia, revient en Italie pour faire face à la nouvelle révolte gauloise. Il est doté de 2 nouvelles légions, soit un total inégalé de 6 légions actives.



Bataille du Tessin

Fin novembre 218 avant Jésus-Christ., Hannibal se dirige vers le Sud et rencontre le consul Publius Cornélius Scipio près du Tessin (Ticino) où il inflige une cinglante défaite aux armées romaines.

En fait, les avant-gardes combattent sans attendre le reste des troupes.

Les troupes légères romaines sont bousculées par les carthaginois.

En même temps les cavaliers numides, aux ailes, enveloppent le corps de troupes romain.

Les légionnaires pris au piège reculent et la retraite devient déroute pour deux raisons :



Prise de Clastidium

Hannibal s'empare des magasins bien pourvus de Clastidium (Cassetin), sans combattre; la place lui est livrée par Dasius, le commandant. La ville lui fournit de grandes quantités de blé.

Pour Hannibal, cela signifie que des Italiens sont prêts à lâcher Rome.



Bataille de la Trébie

Après sa défaite dans l'engagement du Tessin, Publius Cornelius Scipion s'était replié sur la Trébie.

Avant que ce dernier ne le rejoigne mi-décembre, Scipion subit des défections parmi ses alliés gaulois tandis qu'Hannibal accumulait au contraire les ralliements de guerriers celtes.

Publius Cornelius Scipio, remis de ses blessures et Tiberius Sempronius Longus se rejoignent à Plaisance où ils regroupent 2 légions consulaires fortes de 16 000 légionnaires et 20 000 alliés cénomans. Ils ont un effectif comparable aux Carthaginois avec une infériorité en cavalerie.

En décembre 218 avant Jésus-Christ., le jour du solstice d'hiver, la bataille de la La Trébie (Trebbia), un affluent du Pô, à l'ouest de Plaisance en Italie du nord, oppose :

soit environ 40.000 hommes de chaque côté.

Scipion préférait laisser jouer le temps alors qu'Hannibal devait agir pour conserver à ses troupes leur cohésion et leur motivation.

Hannibal provoque Sempronius en dévastant des villages gaulois restés fidèles à Rome et en laissant les Romains remporter une escarmouche de cavalerie qui est interprétée comme un heureux présage.

À l'aube, Hannibal envoie sa cavalerie numide franchir la Trébie et provoquer les Romains. Tiberius Sempronius Longus, pressé de se couvrir de gloire, improvise aussitôt une sortie mal préparée. Sous la neige, les Romains, souffrent de faim et du froid, traversent les eaux glaciales de la Trébie.

Dès l'aube, Tiberius Sempronius Longus dispose ses troupes dos au fleuve selon l'ordre de bataille romain habituel :

En face, Hannibal veille à ce que tous ses hommes prennent un repas chaud et soient protégés du froid en s'enduisant le corps d'huile.

Hannibal répartit ainsi ses forces :

Un détachement de 1 000 cavaliers et 1 000 fantassins, commandé par Magon est dissimulé en embuscade dans un repli de terrain, à l'arrière et à droite des Romains.

Au centre, l'infanterie romaine, en formation classique, vélites, hastati, principes et triaires, se lance à l'attaque; la mêlée est longtemps incertaine puis les Romains enfoncent le centre adverse.

Sur les ailes, les éléphants, la cavalerie et l'infanterie légère attaquent et repoussent la cavalerie romaine qui s'enfuit laissant à découvert les flancs de l'infanterie.

Les troupes montées puniques et les frondeurs Baléares se retournant, s'attaquent au flanc de la légion.

Enfin, Magon, sort de sa cachette et se précipite sur les arrières de l'infanterie romaine.

Les légionnaires tentent de passer entre les mailles du filet et arrivés au fleuve ne peuvent le traverser car il est en crue. Au prix de lourdes pertes, Sempronius se replie à Lucques avec 10 000 rescapés.

Plutôt que retraverser la rivière glacée, les Romains percent l'infanterie adverse. Tite-Live parle de déroute et de désastre. Les survivant se rassembleront à Plaisance.

La victoire est largement acquise aux Carthaginois mais tous leurs éléphants meurent par blessures ou de froid.

Hannibal est le maître en Cisalpine en dépit de l'hostilité des Vénètes et des Cénomans.

Hannibal renvoie les italiens prisonniers sans rançon et leur annonce qu'il est venu leur apporter la liberté.

Le soulèvement de la Cisalpine lui apporte des puissants renforts gaulois, 60 000 fantassins et 4 000 cavaliers.



Franchissement des Apennins et des marécages de l'Arno

Hannibal passe l'hiver 218-217 avant Jésus-Christ près de Bologne mais n'en attend pas la fin

En 217 avant Jésus-Christ., Hannibal franchit la chaîne montagneuse des Apennins et traverse les marécages de l'Arno.

La difficulté du trajet lui fait craindre les désertions. De ce fait, il adopte un l'ordre de marche suivant :

Une épidémie atteint l'armée d'invasion. Hannibal qui ne peut se faire soigner, y perd un oeil.



Nouveaux consuls à Rome

A Rome, deux nouveaux consuls sont entrés en fonction :

Hannibal est renseigné sur le tempérament présomptueux de Flaminius, aussi il pille brutalement le territoire autour de Pérouse pour exciter l'armée romaine.



Célébration de lectisternes

Les Dii Consentes ou Dii Complices sont les 12 grands dieux du panthéon classique gréco-romain. Ils sont regardés comme le conseil céleste présidé par Jupiter.

Suite à l'invasion d'Hannibal, les Dii Consentes sont réunis pour la première fois à Rome en 217 avant Jésus-Christ lors de la célébration de lectisterne.

Leur nom de consentes (consens : ceux qui sont ensemble) doit être rapproché de absens et de praesens. Il indique bien que le culte qu'ils reçoivent s'adresse, non pas à chaque divinité séparément, mais au groupe, au conseil tout entier, considéré comme une sorte d'individualité céleste.

Tite-Live rapporte : Six pulvinaires sont exposés en spectacle :

Les couples, sans être conjugaux, associent les deux sexes. 3 couples prêtent à l'arbitraire :

Cette liste mêle les traditions étrusques et helléniques, car les décemvirs doivent alors faire un choix dans le personnel mythologique : en effet, si le nombre 12 était fixé par une vieille coutume, ils ne sont pas partout les mêmes.

L'ordre de préséance des couples semble indiquer des préoccupations patriotiques : Apollon n'est plus au premier rang. Il laisse même passer avant lui Mars et Vénus, les ancêtres des Romains.

Un portique des Dii Consentes s'élevait sur le Forum Romanum.

De Rome, le culte des dii consentes gagne tout l'empire, mais sans perdre jamais leur caractère romain et public et sans cesser d'être associé à celui du Jupiter Optimus Maximus du Capitole.



Bataille de Trasimène

En avril 217 avant Jésus-Christ, Flaminius redoute une attaque directe sur Rome et sans attendre Servilius se lance à la poursuite d'Hannibal.

La bataille a lieu le 22 juin 217 avant Jésus-Christ en Ombrie sur la rive nord-est du lac Trasimène à 200 kilomètres de Rome.

Ayant étudié le terrain, Hannibal a posté ces troupes en embuscade sur les hauteurs, dispersant ses soldats derrière les arbres, le brouillard et l'obscurité les rendant quasi invisibles.

La cavalerie punique est placée en avant puis les alliés, ensuite les Baléares, les Carthaginois, les Ibères et les Africains complètent le dispositif.

Hannibal a fait allumer des feux sur des collines voisines, la nuit précédente. Flaminius pense que la position des forces ennemies est bien plus loin qu'elles ne sont en réalité.

Sans envoyer d'éclaireurs, il engage les légionnaires, le long de la rive, dans un passage étroit.

D'un seul coup, les troupes d'Hannibal dévalent sur l'ennemi et sont sur les légionnaires avant qu'ils puissent se mettre en ordre de bataille.

La résistance est faible. C'est rapidement la débandade chez les légionnaires. Quelques uns se jettent à l'eau.

Le combat est bref mais si intense que les combattants ne se rendent pas compte qu'un tremblement de terre est intervenu.

6 000 soldats de la tête de la colonne réussissent à percer et à s'échapper du piège. Mais rattrapés par les cavaliers de Marhabal dans la nuit, ils sont capturés.

Les pertes sont très lourdes côté romain :

Le consul a la tête tranchée par un cavalier Insubre appelé Ducarius.

Les pertes d'Hannibal sont de 1 500 à 2 000 hommes en majorité des Gaulois.



A Syracuse, Parti favorable à Carthage

Les captifs Italiens sont renvoyés sans rançon.

Après la bataille de Trasimène, Hannibal, dans l'intention de s'attirer la reconnaissance des Syracusains, renvoie sans exiger de rançon les prisonniers italiens, siciliens et grecs tombés entre ses mains.

Leur retour provoque en Sicile la formation d'un parti favorable à l'abandon de l'alliance romaine.



Désignation de Quintus Fabius Maximus comme dictateur

A Rome, les nobles et les paysans sont paniqués, les ennemis n'étant pas très loin de la ville. Ils vont une nouvelle fois chercher des mercenaires dans les campagnes.

Hiéron II fait parvenir à Rome : 1 000 mercenaires archers et frondeurs, ainsi que 300 000 boisseaux de blé et deux cent mille boisseaux d'orge.

Rome réagit rapidement.

Le Sénat confie à l'assemblée populaire des Comices le soin d'élire un prodictateur avec les pleins pouvoirs, pour une période de 6 mois. Les Romains nomment Quintus Fabius Maximus.

Alors que Publius Cornélius Scipio et Caius Flaminius étaient des bouillants fonceurs, Quintus Fabius Maximus est conscient de la supériorité d'Hannibal sur le champ de bataille et adopta une tactique très prudente. Évitant toute bataille décisive avec les troupes carthaginoises, il réussit à maintenir Hannibal aux aguets, donnant ainsi aux Romains le temps de se remettre de leurs échecs militaires.

Partisan d'épuiser l'armée punique en économisant la vie de ses soldats, Il sera surnommé Cunctator (le Temporisateur).

Il décide de nouvelles levées et enrôle deux légions qui s'ajoutent aux troupes que Servilius a ramené à Rome. Il renforce les défenses de la Ville.

La flotte punique ayant capturé des navires de commerce apportant des approvisionnements pour l'armée, les vaisseaux prêts sont envoyés poursuivre la flotte ennemie et protéger les côtes en embarquant les recrues âgées de moins de 35 ans.

Un adjoint est choisi comme maître de cavalerie, Marcus Minucius Rufus.

Rome mobilise les dieux : Jupiter, Junon, Minerve, Mars, Apollon et Saturne. On introduit même à Rome le culte du dieu punique Baal !



Siège de Spolète

Hannibal équipe ses Africains avec les armes des romains mis hors de combat. L'unité de combat cesse d'être la phalange et devient une petite unité.

Hannibal assiège Spolète et abandonne devant la solidité des remparts.



Changement de tactique d'Hannibal

Hannibal change de tactique car il n'est pas équipé pour enlever le camp retranché de Rome. Il ne veut pas risquer le tout dans un choc décisif.

Il compte sur l'effet combiné de ses espions et de ses victoires pour faire basculer les Italiens.

Mais les résultats sont limités, à Capoue, Pacuvius Calavius a pris le pouvoir mais attend le moment favorable pour faire défection à Rome.

Hannibal se dirige vers le Sud en longeant l'Adriatique. Il est fort bien accueilli par les Gaulois du Picenum.



Hannibal en Campanie

Hannibal pille l'Apulie, le Samnium et la région fertile de Campanie. Il est suivi par Fabius et par Minucius qui refuse d'engager la bataille.

Hannibal décide d'épargner un domaine du pro dictateur afin de le compromettre.

En Campanie, Fabius réussit à enfermer l'armée punique dans un défilé. Hannibal attend la nuit et équipe 2 000 boeufs, de sarments de vigne attachés aux cornes qu'il fait allumer. Ces bœufs sont lancés contre les troupes romaines qui sont inquiètes.

Le combat n'est pas à l'avantage des Carthaginois jusqu'à l'arrivée d'une colonne d'Ibères familiers de la montagne et prompts à combattre les lourds fantassins romains et Hannibal franchit le défilé.



Ambition de Minucius

Minucius remporte un petit succès il obtient des Comices, un pouvoir équivalent à celui du Cunctator.

Mais il est imprudent et livre bataille dans des conditions défavorables et il est sauvé par l'arrivée opportune des troupes de Fabius. Il reste maître de cavalerie et rentre dans le rang.

Hannibal hiverne à Gerunium, une place forte bien ravitaillée et demande à Carthage une aide en hommes et en or, ses troupes sont épuisées. Carthage refuse.



Nouveau consuls à Rome

Fabius remet ses pouvoirs au terme des 6 mois prévus.

En mars 216 avant Jésus-Christ, les nouveaux consuls ont des conceptions opposées.

Par des levées exceptionnelles, Rome parvient à équiper 8 légions, soit avec les alliés, un effectif inégalé de 80 000 hommes.

L'objectif reste le même : capturer en Espagne les sources d'approvisionnement d'Hannibal et faire la guerre sous les murs de Carthage. En un mot terminer rapidement la guerre.



Faible soutien de Carthage à Hannibal

Une tentative de débarquement en Afrique tourne court.

A Carthage, on ne semble pas préoccupé par la perte de l'Espagne et si Hasdrubal reçoit un renfort de 4 000 fantassins et 1 000 cavaliers, c'est pour les conduire en Italie.

Cette faiblesse des effectifs est due à la mauvaise volonté du Sénat de Carthage et aux faibles possibilités de la région.

Hannibal prend ses quartiers d'hiver 217-216 avant Jésus-Christ à Géronte.



Bataille de Cannes

Hannibal descend vers l'Apulie en vivant sur le pays et se saisit d'un magasin de blé destiné aux armées romaines à Cannes.

Les armées des 2 consuls le rejoignent, chaque consul commandant un jour sur deux.

Le 2 août 216 avant Jésus-Christ, 80 000 soldats romains dont 6 000 cavaliers font face à 50 000 hommes de l'armée d'Hannibal dont 10 000 cavaliers, au bord de l'Aufidus ou Aufide, (aujourd'hui Ofanto), non loin du village de Cannae (Cannes).

Hannibal déploie son infanterie légère pour former un rideau protecteur en 1ère ligne.

Disposant de fantassins moins nombreux, il ne peut opposer à l'infanterie romaine un corps de bataille d'égale puissance. Pour éviter tout risque d'enveloppement, il doit étirer son front sur la même largeur que le front adverse. De ce fait, sa ligne de bataille est moins profonde et moins résistante.

De cette faiblesse, Hannibal fait l'élément offensif de son dispositif.

Il partage en deux corps d'égale importance son infanterie lourde africaine l'unité la plus solide de ses troupes à pied.

Au centre, Hannibal dispose les fantassins Gaulois et Ibères rangés par compagnies alternées.

Il place ces corps africains à droite et à gauche, de part et d'autre du centre, mais en retrait par rapport à lui. Ainsi, Hannibal propose une cible et ménage une flexibilité potentielle.

Aux ailes est mise en place la cavalerie.

Prenant comme adjoint son frère Magon, Hannibal se réserve le commandement de l'infanterie centrale, où il sait que se déroulera la phase la plus délicate de la manoeuvre qu'il a en tête.

D'abord l'infanterie légère romaine formée de 10 000 vélites s'opposent à 3 000 frondeurs baléares protégés chacun par un lancier. La précision et la cadence de tir des frondeurs peu à peu détruit les vélites romains.

Sur le flanc droit, la cavalerie lourde d'Hasdrubal attaquent les cavaliers romains plus faibles qui se battent vaillamment mais finissent par être jetés dans l'Aufide ou dispersés.

À ce moment, les avant lignes s'étant repliées de part et d'autre, les deux masses d'infanterie avancent l'une contre l'autre.

Au centre, comme prévu par Hannibal, l'infanterie ibère et gauloise cède du terrain devant l'infanterie romaine en surnombre et mieux équipée qui se porte si loin en avant qu'elle se retrouve encastrée entre les deux corps de fantassins africains. Puis le centre gaulois s'arrête de reculer.

Les premiers rangs romains sont anéantis et les lourds piquiers romains mènent l'attaque.

Les deux corps de fantassins africains opèrent alors une conversion vers le centre pour attaquer de flanc l'ennemi ainsi engagé.

Simultanément, les cavaliers d'Hasdrubal, après avoir mis en déroute l'aile droite romaine, s'en prennent à l'aile gauche, qui avait d'abord résisté aux Numides qui lui étaient opposés, mais se débande quand elle est ainsi prise en tenaille.

Marhabal et ses cavaliers poursuivent et anéantissent les débris de la cavalerie ennemie.

La cavalerie lourde d'Hasdrubal revient avec ses cavaliers espagnols pour prendre à revers l'infanterie romaine déjà prisonnière de la nasse qu'a modelée dès le début de la bataille la tactique d'effacement du centre. Les légionnaires sont encerclés : les javelots des cavaliers s'ajoutent aux glaives courts de l'infanterie et aux flèches et balles de frondes. La boucherie commence.

Les pertes romaines sont de trente mille à cinquante mille hommes, le nombre des prisonniers est de dix mille.

Aemilius Paulus et Servilius sont morts ainsi que 2 questeurs, 29 tribuns et 80 sénateurs.

Varron qui ne décédera qu'après 200 avant Jésus-Christ, réussit à s'échapper avec ce qui restait des forces romaines.

Seule la légion du jeune Scipio qui a refusé d'entrer dans la fournaise réussit à s'échapper, Hannibal ne les poursuit pas trop occupé à attaquer le camp romain et ses 10 000 soldats romains dont 8 000 se rendent rapidement.

Du côté punique, Hannibal subit 6 700 pertes, surtout chez les Gaulois et les Ibères.

Parmi les prisonniers, les Italiens, non romains sont renvoyés chez eux.

En trois rencontres, Hannibal a anéanti 15 % des réserves mobilisables de l'Italie entière.



Publius Sulpicius Galba Maximus Consul romain

Publius Sulpicius Galba Maximus est à nouveau consul romain en 200 avant Jésus-Christ pour la seconde fois.

Publius Sulpicius Galba Maximus défend la ville de Rome contre l'attaque surprise d'Hannibal Barca.



Hésitation d'Hannibal à attaquer Rome

Hannibal ne veut pas attaquer directement la cité de Rome et sa vieille muraille servienne, mais plutôt l'encercler, l'étouffer quand il aura assez de soldats.

Maharbal, maître de la cavalerie punique pensant que Rome est à portée, dit à Hannibal, qu'il s'imagine dîner 4 jours plus tard au Capitole. Hannibal répond qu'il lui faut un peu de temps pour réfléchir. Cette hésitation sauve sans doute la ville et l'empire (urbs atque imperium).

Maharbal a alors cette réplique "Vincere scis, Hannibal, uictoria uti ncscis" ("Tu sais vaincre, Hannibal, mais tu ne sais pas profiter de la victoire".

Il fait le tri parmi les prisonniers, et renvoie dans leurs pays les alliés italiens. Il fixe la rançon des soldats romains captifs à un prix très élevé. Il leur dit qu'il ne mène pas une guerre d'extermination mais qu'il combat pour maintenir le rang (dignitas) de sa propre patrie et pour lui assurer l'hégémonie (imperium).

Hannibal attend donc de Rome qu'elle demande la paix. Il veut une victoire reconnue par un traité qui renverse, au profit de Carthage, la situation humiliante née des traités de 241 (la perte de la Sicile et l'obligation d'une lourde indemnité) et de 237 (la perte de la Sardaigne).

Pour atteindre, cet objectif le chef punique déploie après Cannes une intense activité diplomatique dans le sud de l'Italie.



Faibles renforts pour Hannibal

Magon, autre frère d'Hannibal, intervient à Carthage pour annoncer la victoire de Cannes et demander de manière pressante des renforts et des armes de siège en nombre suffisant.

Il n'obtient que 12 000 fantassins, 1 500 cavaliers 20 éléphants et 1 000 talents d'argent, avec mission de passer par l'Espagne, la Gaule et de déferler sur l'Italie.



Ralliement à Hannibal de la majeure partie de l'Italie du Sud

La victoire d'Hannibal détache des Romains une partie des Apuliens, beaucoup de Samnites, des Lucaniens, des Bruttiens.

Marcus Claudius Marcellus marche vers Capoue avec toutes les troupes disponibles mais Hannibal l'a devancé et obtenu la soumission de la seconde ville italienne malgré la réticence de sa noblesse liée à Rome.

Capoue accueille chaleureusement Hannibal mais refuse qu'on enrôle ses citoyens.

La majeure partie de l'Italie du Sud se rallie mais pas les Grecs ainsi Rhegium, Thurium, Metaponte et Tarente refusent d'ouvrir leurs portes par traditionnelle hostilité envers les Puniques.



Échecs d'Hannibal

Hannibal marche sur Neapolis (Naples), mais ne réussit pas à prendre la cité.

Naples qui reçoit une garnison romaine, les cités côtières et celles du Nord de la Campanie restent fidèles à Rome qui reprend la tactique de harcèlement du Cunctator.

Marcellus a réussi à devancer et repousser Hannibal de Nola avec pertes. Cette victoire insignifiante produit un effet moral disproportionné.

Hannibal assiège et prend Nucérie, Acerra.

Au printemps 216 avant Jésus-Christ, après un long siège, il pred Casilinum, clef du Vulturne.

Hannibal passe l'hiver 216-215 avant Jésus-Christ à Capoue.



Hannibal en Campanie

En 215 avant Jésus-Christ, Hannibal échoue devant Cumes.

Hannibal doit parcourir la Campanie pour protéger ses alliés.

En 215 avant Jésus-Christ, résistance de Nole (automne) ; réddition de Locres et de Crotone

Il a besoin de renforts que Carthage, mené par Hannon, consent chichement à lui envoyer et que la marine romaine empêche d'arriver en nombre.

Hannibal est déçu par l'attitude du Sénat de Carthage qui lui refuse ce qu'il demande avec ténacité. Cette attitude tranche avec l'intense mobilisation qui soutient la défensive.

En 215 avant Jésus-Christ, Bomilcar lui envoie par le port de Locres, un renfort de 4 000 Numides, des éléphants et de l'argent. Il étend sa domination sur l'Italie du Sud.

Il ne parvient pas à attirer l'armée romaine dans une bataille et renonce à défendre Capoue.

Les ports italiens restent contrôlés par Rome.

Hannibal est surveillé en permanence par 3 armées romaines :



Alliance d'Hannibal avec Philippe V et première guerre de Macédoine

Paix de Phoeniké

En 215 avant Jésus-Christ, Philippe V de Macédoine envoie vers le Punique une ambassade et conclut une alliance avec lui. Philippe s'engage à traverser l'Adriatique avec une flotte de 200 vaisseaux.

Mais le représentant de Philippe V de Macédoine est capturé par les Romains qui sont vite informés, la supériorité maritime romaine empêche les Macédoniens de soutenir Hannibal.

Rome agit contre Philippe V de Macédoine.

Les Romains débarquent près d'Appolonia qu'assiège le roi, c'est le début de la 1ère guerre de Macédoine. Rome use de diplomatie et une vaste coalition grecque menace Philippe V.

Cette guerre dure jusqu'en 205 avant Jésus-Christ où Philipe V signe avec Rome la paix de Phoeniké.



Rome refuse la paix

Hannibal propose au Sénat romain de traiter avec lui, c'est un refus et une humiliation. Rome ne veut pas qu'on imagine que la paix soit possible !

Rome n'a pas admis la défaite et a tenu bon, même sans Capoue, son économie lui a permis de poursuivre la guerre et de reconstituer une armée de 200 000 soldats.

Il a fallu recruter large, des adolescents (de 17 à 50 ans), des criminels et même 8 000 esclaves achetés et armés. Les alliés latins sont sollicités pour défendre la République.

Le Sénat a interdit les rassemblements et les manifestations excessives de deuil. Rome évite la bataille rangée et refuse de payer la rançon pour récupérer les prisonniers.



En Sicile

La Sicile constitue un front secondaire de la campagne menée par Hannibal



Harcèlement des carthaginois à partir de la Sicile

De Lilybée les romains envoient régulièrement des expéditions sur la côte carthaginoise, maintenait la flotte carthaginoise toujours occupée et l'empêchant de faire parvenir régulièrement du ravitaillement à Hannibal.

Du port de Messine, partent des navires qui harcèlent Hannibal dans le Sud de l'Italie.



Règne et mort de Hiéronymos

Adranodoros, gendre de Hiéron II, assume d'abord la totalité du pouvoir. Mais Hiéronymos ne tarde pas à régner seul.

Il reçoit successivement :

Les messagers de Carthage promettent beaucoup Hiéronymos recevra toute la Sicile s'il assure la victoire d'Hannibal en Italie.

En 215 avant Jésus-Christ, le jeune roi les écoute et déclare la guerre à Rome et se dirige vers Léontinoï, entre Syracuse et l'actuelle Catane, avec 15 000 hommes.



Conspiration des envoyés d'Hannibal pour restaurer la Monarchie

Hippocratès et à Épicydès sont des officiers d'Hannibal, venus sur son ordre auprès de Hiéronymos.

Lors de la mort de Hiéronymos, ils se trouvaient en campagne contre les garnisons romaines de l'île. Ils s'efforcent d'abord de cacher la nouvelle à leurs troupes.

Puis ils regagnent Syracuse où ils indiquent qu'ils souhaitent simplement retourner auprès de leur chef, et pour cela, recevoir une escorte car les routes ne sont pas sûres.

Les Syracusains la leur accordent mais, inexplicablement, n'assurent pas immédiatement leur départ.

Les deux hommes se mettent à intriguer auprès de la population et des déserteurs romains. Ils font valoir que l'intention des chefs de Syracuse est, sous couvert de l'alliance romaine, de remettre la ville à Rome et de lui faire perdre son indépendance.



L'opinion flotte entre Rome et Carthage

Le nouveau consul Marcus Claudius Marcellus est envoyé et débarque en Sicile pour la contrôler.

Les envoyés d'Hannibal, Hippocratès et Épicydès, remplacent au sénat Adranadoros et Thémistos.

Des négociations sont en cours avec Appius Claudius qui vient d'envoyer des messagers à Marcus Claudius Marcellus, lui enjoignant de conclure l'alliance.

Au même moment, une flotte carthaginoise se présente au cap Pachynon, à l'extrémité sud de la Sicile, pendant qu'Appius Claudius, avec 100 navires, croise au large de Syracuse.

La présence de la flotte romaine est accueillie comme une provocation par les.Syracusains.

Un certain Apollonidès réussit pourtant à les calmer et à les persuader de conclure le traité prévu avec Marcellus.



Les envoyés d'Hannibal nommés prêteurs

Épicydès et Hippocratès, ayant pris la fuite, sont repliés à Herbessos, une bourgade à l'ouest de Syracuse. Ils font courir le bruit que Léontinoï a été mise à sac et ses habitants passés au fil de l'épée, alors que seuls l'ont été les déserteurs.

Aidés par des mercenaires, Épicydès et Hippocratès regagnent Syracuse, massacrent les opposants, se font nommer prêteurs, libèrent les esclaves.



En Espagne

Bataille de Dertosa

A Dertosa, en 215 avant Jésus-Christ, Hasdrubal, tentant de rejoindre le Nord de l'Espagne, marche avec une armée de 30 000 soldats, espagnols pour moitié et rencontre les proconsuls Gnaeus et Publius Scipio et leurs 6 légions : 30 000 soldats romains et alliés italiens accompagnés d'un millier d'auxiliaires espagnols.

Hasdrubal place :

Le centre romain est bien plus fort que son adversaire et il remporte la décision en "cassant" l'infanterie espagnole avant que la cavalerie carthaginoise se défasse de son ennemi, inférieur en nombre 3 000 contre 4 000.

Cette défaite fait basculer de nombreux chefs Celtibères.

Magon, prêt à prendre la mer pour rejoindre Hannibal, avec 12 000 fantassins, 1 500 cavaliers et 20 éléphants est détourné vers l'Espagne. Ces renforts vont faire cruellement défaut à Hannibal

Magon permet à Hasdrubal de reconstituer son armée.



Renforts carthaginois

Hannibal comprend maintenant que la Sicile est devenue lé principal théâtre d'opérations.

Hannibal demande à Carthage que d'importants renforts soient dirigés vers l'île. Carthage dépêche Himilcon, probablement un mercenaire grec au service de Carthage, et Hippocrate sur l'île avec 25 000 fantassins, 3 000 cavaliers et 12 éléphants.



Négociation sur le sort de Damippos

Un Lacédémonien nommé Damippos avait été envoyé de Syracuse pour essayer de provoquer l'intervention du roi Philippe de Macédoine, qui avait signé un traité avec Hannibal mais ne lui avait accordé aucune aide efficace.

Damippos tomba entre les mains des Romains. Rome a tout intérêt à ménager Sparte, et Marcellus incline à la clémence envers Damippos.

Romains et Syracusains se réunissent pour discuter de l'affaire dans une tour située entre le camp romain et la muraille nord de la ville.

Pendant que l'on négocie, un officier romain, profitant de la trêve, examine soigneusement les défenses. Il remarque un endroit où il ne devrait pas être difficile d'escalader le mur, et fait part de sa découverte à Marcellus.



Fuite de la flotte de Bomilcar

Le seul espoir d'Épicydès réside maintenant dans la flotte de Bomilcar.

Au printemps 211 avant Jésus-Christ, il est possible d'envisager une bataille navale dont, à n'en pas douter, Carthage sortira victorieuse.

Les deux escadres ont mis à profit les mois d'hiver pour se renforcer. La flotte de Bomilcar comporte 155 navires face aux 130 navires romains. Leurs équipages n'ont pas été touchés par l'épidémie.

Bomilcar n'a pas l'intention d'engager le combat :



Défaite finale de Carthage

Le commandement des forces romaines en Sicile (pour la plupart des survivants de Cannes, condamnés par Rome à combattre en Sicile, tant qu'Hannibal se trouverait sur la péninsule) fut donné à M. Valerius Laevinus.

Hannibal envoie en Sicile Mutines, un de ses officiers de la cavalerie libyenne. Prenant le commandement des Numides et se déplaçant rapidement dans l'île, il pratique la guérilla avec succès.

Mais écho des désaccords entre Hannibal et le Sénat de Carthage, le général venu d'Afrique jalouse Mutines et les Numides, il combat seul les légions de Marcellus et est complètement défait.

Mutines continue sa forme de guerre et occupe quelques petites villes. Hannon jaloux de ses résultats lui retire le commandement et le donne à son fils.

En 210 avant Jésus-Christ, furieux, Mutines avec ses cavaliers fidèles qui participaient à la défense d'Agrigente encore aux mains des Carthaginois, trahirent au profit des romains et leur livre la ville d'Agrigente.

Les ultimes partisans de Carthage sont évincés de l'île. M.Valerius Laevinus peut se vanter d'avoir pacifié toute l'île.

Lilybée peut à nouveau servir de base pour reprendre le harcèlement des côtes africaines.



En Italie

Échec d'un état barcide au sud de l'Italie

Hannibal tente de constituer un état barcide au sud de l'Italie avec ses alliés Lucaniens et Bruttiens.

En 213 avant Jésus-Christ, prise d'Arpi.



Défection de Tarente et de Thurium

Exécution des otages de Thurium et de Tarente

Tarente attend jusqu'en 212 avant Jésus-Christ pour se joindre aux Carthaginois.

Mais la citadelle tenue par Livius résiste obstinément et le port ne peut être correctement exploité.

Hannibal tente de déplacer les navires de la rade vers la pleine mer sur des chariots.

Son lieutenant Hannon chargé de protéger un convoi de ravitaillement pour Capoue est battu par les consuls Quintus Flaccus et Appius Claudius en raison du retard des troupes envoyées par Capoue, les vivres sont pris par les Romains.

À l'automne 212 avant Jésus-Christ, le siège de Capoue commence.


Embuscade en Lucanie

Embuscade en Lucanie

En 212 avant Jésus-Christ, Hannibal détruit l'armée de Sempronius Gracchus dans une embuscade en Lucanie. Le proconsul y trouve la mort.

Hannibal en profite pour faire lever le siège de Capoue.

La cavalerie punique unie à celle des Campaniens, inflige une sévère défaite à la cavalerie romaine.



Siège de Capoue

En 211 avant Jésus-Christ, Hannibal tente de forcer les Romains à lever le siège de Capoue qui est entourée d'un double fossé et d'une double palissade.

Il rebrousse chemin devant l'opiniâtre résistance de Claudius, Fulvius et Néron.



Raid sur Rome

Avec 2 000 cavaliers, Hannibal essaie d'entraîner les légions par un raid sur Rome. Il traverse le Samnium et suit la voie Valérienne, ravage les champs alentour. Il se présente devant Rome à la porte Colline.

Hannibal ad portas est" (Hannibal est à nos portes). Tel est le cri de terreur qu'auraient poussé les habitants de Rome à l'approche de l'armée carthaginoise.

On s'empresse de reconstruire les murailles dans la crainte de l'assaut. Mais les Carthaginois sont épuisés et manquent de machines de siège.

Hannibal est contraint de se replier. Les Romains considèrent comme une faveur divine le départ d'Hannibal vers la Campanie.

Une faible troupe conduite par le consul Publius Galba suit le Carthaginois qui se retourne et le bat.



Échecs d'Hannibal devant Rhegium et Tarente

Hannibal pour compenser cette perte tente de prendre Rhegium ou la citadelle de Tarente, mais des deux côtés, l'échec est là.

Hannibal perd alors l'allégeance de bon nombre de ses alliés italiens, brisant ses espoirs de renouveler les rangs de son armée grâce à eux.



Frontière sur l'Èbre

Mais Gaius Marcus (ou L. Marcius ?), un officier de Gnaeus Scipio, rescapé de la bataille d'Illorca avec une petite troupe, a rassemblé les soldats éparpillés et les garnisons.

Élu par les soldats, le nouveau chef profite de la jalousie entre les commandants puniques et les refoule sur l'autre rive de l'Èbre. La ligne est maintenue jusqu'à l'envoi par Rome d'une solide légion de 12 000 soldats commandées par le propréteur Claudius Néron.

À la fin 211 avant Jésus-Christ, la situation en Espagne est revenue au point de départ d'Hannibal.

L'Èbre sépare les Romains au Nord des Carthaginois au Sud.



Prise de Salapia, Marmoreae et Melès

En 210 avant Jésus-Christ, en Italie, le consul Marcellus, ayant repris Salapia par trahison, enlève Marmoreae et Melès aux Samnites. 3 000 soldats environ, qu'Hannibal avait laissés là en garnison, sont écrasés.

Le butin est abandonné aux soldats. On trouve aussi là 240 000 boisseaux de blé et 110 000 d'orge.



Siège de Herdonea

La fidélité des habitants d'Herdonea envers Hannibal vacille, depuis qu'après la perte de Salapia, ils ont appris qu'Hannibal a abandonné ces lieux pour le Bruttium.

En 210 avant Jésus-Christ, le proconsul Gnæus ou Cneius Fulvius Centumalus assiège Herdonea, en Apulie.

Son camp n'est ni dans une position assez sûre, ni fortifié par des postes de garde.

Hannibal, averti par des agents secrets, a le souci de garder une ville alliée et l'espoir d'attaquer un ennemi qui n'était pas sur ses gardes.

Avec une armée sans bagages, Hannibal se dirige vers Herdonea par longues étapes, et s'approche de lui en ligne de bataille.

Cneius Fulvius Centumalus fait sortir ses troupes en hâte et livre bataille. La cinquième légion et l'escadron gauche engagent énergiquement le combat.

Hannibal demande à ses cavaliers de faire un mouvement tournant et de se diviser pour attaquer le camp et les combattants ennemis sur leur arrière.

Dans le corps à corps et la lutte d'infanterie, beaucoup de Romains sont tombés mais leurs rangs et leurs enseignes tiennent bon.

Alors le bruit d'une charge de cavalerie derrière eux et, en même temps, les clameurs ennemies venant de leur camp, les font se retourner.

La sixième légion, placée en seconde ligne, est la première mise en désordre par les Numides, puis la cinquième, et enfin les combattants des premiers rangs.

Une partie des Romains et de leurs alliés prend la fuite, les autres sont massacrés et, parmi eux, Cneius Fulvius Centumalus lui-même, avec 11 tribuns militaires.

Les Romains perdent entre 7 000 et 16 000 soldats. Le vainqueur s'empare du camp et du butin.

Hannibal, voyant qu'Herdonea ne lui restera pas fidèle :

Les Romains qui se sont échappés après un si grand désastre se réfugient à moitié armés, et par des chemins opposés, auprès du consul Marcellus, dans le Samnium.



Prise de Tarente par les Romains

En 209 avant Jésus-Christ, Marcus Marcellus mobilise l'armée d'Hannibal et alterne défaite et victoire.

Pendant ce temps, le consul Quintus Fabius menace Tarente.

Un corps de Bruttiens de la garnison lui livre la ville. La répression est impitoyable. Les soldats sont exécutés, les maisons pillées et 30 000 citoyens sont vendus comme esclaves.



Défaillance des cités latines envers Rome

C'est à ce moment que la fidélité des cités latines envers Rome se montre défaillante.

En Étrurie, dans le Latium et même en Campanie, ces cités décident à présent d'envoyer ni soldats ni contributions.

Pire, à Arrétium en Étrurie, un complot en faveur d'Hannibal est découvert et il faut envoyer des troupes pour étouffer la sédition.



En Orient

Antiochos III Mégas est aux prises avec des révoltes et de l'agitation en Asie Mineure, en Bactriane et dans les satrapies orientales et ne peut entrer dans la grande coalition qu'Hannibal souhaite.

Antiochos III Mégas essuie de sérieux revers contre des rébellions soutenues par l'Égypte.

Il parvint à rassembler une armée de 100 000 fantassins et 20 000 cavaliers qu'il lança dans une série de campagnes pour reconquérir les territoires précédemment perdus.

Ces campagnes militaires durent de 212 à 205 avant Jésus-Christ.



Implantation de Rome en Espagne

En 210 avant Jésus-Christ, après avoir servi contre Hannibal dans le Nord de l'Italie, Publius Scipio élu proconsul par les centuries, reçoit le commandement des armées romaines en Espagne.

Avec le propréteur Marcus Silanus, il parvient sur le "front"avec une légion renforcée et une caisse bien pleine.



Hasdrubal en en Gaule Cisalpine et en Italie

En 208 avant Jésus-Christ. Scipio obtient le soutien des princes ibères en libérant leurs otages.

Hasdrubal Barca, frère d'Hannibal, résiste aux attaques romaines en Espagne

En 208 avant Jésus-Christ, face à Hasdrubal Barca, Scipion est vainqueur à Baecula (Bailen) en Andalousie.

Mais Hasdrubal, en sacrifiant une partie de ses troupes, réussit à se glisser, avec la majeure partie de son armée et ses éléphants, vers les Pyrénées non gardées et il entre en Gaule où il passe l'hiver.



Bataille du Métaure et Mort d'Hasdrubal Barca

Hannibal appelle à l'aide son frère Hasdrubal Barca.

En 207 avant Jésus-Christ., Hasdrubal, à la tête de son armée, traverse la Gaule méridionale puis les Alpes par le mont Genèvre. Il pénètre en Gaule Cisalpine pour unir ses troupes espagnoles et des alliés gaulois à celles d'Hannibal.

Il perd un temps précieux à assiéger Plaisance qu'il ne réussit à prendre puis il descend vers le Picenum.

Les Romains se saisissent du courrier qu'il envoie à Hannibal.

Le consul Livius Salvinator dispose de 6 légions pour bloquer Hasdrubal tandis que le consul Claudius Nero commande autant de troupes pour retenir Hannibal.

Hannibal, ayant rassemblé ses soldats, reste très prudent. Claudius Nero, laissant un rideau de troupes devant lui, en profite pour rejoindre Salvinator avec ses meilleurs légionnaires.

Le 23 juin 207 avant Jésus-Christ., Hasdrubal Barca surpris par l'armée romaine sur les bords du lac Métaure (aujourd'hui : Metauro au centre de l'Italie).

Hasdrubal tente d'éviter le combat et de se glisser sur le flanc des ennemis mais il s'égare dans cette région inconnue. La cavalerie romaine le rejoint et le force à combattre. L'infanterie romaine suit et le combat est inévitable.

Derrière les éléphants, Hasdrubal place:

Le consul Livius Salvinator est repoussé par les Espagnols.

Mais Nero, séparé de la ligne ennemie par une colline qui empêche toute attaque :

L'armée punique dans l'incapacité de fuir est détruite.

Hasdrubal se voyant vaincu, se jette sur une cohorte romaine et est tué par le consul romain Néron. Sa tête est envoyée à Hannibal.

Les pertes sont :



Résistance d'Hannibal dans le pays des Bruttiens

Le consul Nero peut rejoindre son poste face à Hannibal qui, sans nouvelles de son frère n'a pas avancé.

Preuve du génie militaire d'Hannibal et de l'incapacité des généraux romains pendant quatre années encore, Hannibal se bat dans le pays des Bruttiens où il s'est replié.

Ses adversaires, malgré la supériorité du nombre, ne peuvent le forcer ni à s'enfermer dans les places, ni à prendre la mer.

Il bat sans cesse en retraite, cédant pas à pas devant les défections de ses alliés. Il ne peut plus compter que sur les villes où ses soldats restent les maîtres. C'est ainsi qu'il abandonne spontanément Thurium.



Réaction de Carthage

En 205 avant Jésus-Christ, Carthage, voyant la menace approcher, envoient des subsides et des renforts à Hannibal et de l'aide à Magon et ordonne de ranimer la guerre en Italie

Une ambassade part pour la Macédoine, demandant à Philippe un renouvellement d'alliance, et une descente en forces sur la côte ennemie. Mais Philippe de Macédoine vient de signer la paix avec Rome.



Prise de Gènes et de Savone par Magon

Au printemps 205 avant Jésus-Christ, Magon, le frère cadet d'Hannibal, est envoyé en Espagne. Il y rassemble les derniers soldats d'Espagne et les emmène à Minorque et vient au secours d'Hannibal.

Magon débarque près de Genua (Gênes) et la détruit.

Avec ses 30 navires et 15 000 hommes, il prend aussi Savone.

Il lance des appels aux armes fort bien entendus par les Gaulois et les Ligures attirés par le butin. Mais il est trop faible pour tenter quelque chose contre Rome et Hannibal est trop affaibli pour tenter de le rejoindre.

Magon reçoit des renforts de Carthage et tient, pendant trois ans, le nord de l'Italie.



Bataille de Campi Magni

Au printemps 203 avant Jésus-Christ des négociations de paix permettent à Scipio de surprendre ses ennemis, de nuit.

Les huttes de roseaux des numides sont incendiées et lorsque les Carthaginois viennent les secourir c'est leurs tentes qui brûlent. Fuyant sans armes, ils sont passés au fil de l'épée.

Carthage réagit et comme des renforts viennent d'arriver de Macédoine et de Celtibérie, une bataille rangée est décidée dans les Grandes Plaines, actuellement la Dakla.

Le dispositif punique est le suivant :

Scipio innove dans son dispositif :

Les hastati attaquent en même temps que les cavaliers et balaient leurs opposants.

Les principes et les triaires se lancent à leur tour et attaquent de flanc. Les Numides et Carthaginois sont dispersés rapidement tandis que les Celtibères se défendent avec acharnement et sont taillés en pièces.

Syphax est capturé par Massinissa et Laelius. C'est une grande victoire pour le Romain.

Le parti de la paix se réveille à Carthage et envoie une délégation de 30 sénateurs chez les Romains qui se montrent humbles et rejettent les fautes sur Hannibal et les siens.

Scipio fait connaître ses conditions aux Carthaginois qui doivent :

Les Carthaginois ont 3 jours pour se décider.

Une ambassade part pour Rome.



Rappel d'Hannibal et de Magon

À Carthage, les patriotes laissent leurs opposants négocier la paix pendant qu'ils préparent l'effort final et rappellent Magon et Hannibal d'Italie pour diriger la défense de son pays.

Magon venait de combattre deux armées romaines bien supérieures en nombre, dans le pays des Insubres. Il avait du reculer vers la côte et reçu une grave blessure. L'armée punique embarque aussitôt, mais Magon meurt durant la traversée.

À l'automne 203 avant Jésus-Christ, Hannibal était à Crotone quand l'ordre de retour lui arrive.

Il fait tuer tous ses chevaux ainsi que tous les soldats italiens qui ne voulaient pas le suivre.

Hannibal quitte les côtes du Bruttium Sa traversée s'effectue sans incidents tant il agit rapidement.

Il débarque à Leptis Minor, au sud d'Hadrumète et la paix conclue est rejetée.

Hannibal reçoit des renforts gaulois, macédoniens et numides.

Une flotte romaine de transports qui s'est échouée est pillée et une galère venue de Rome est capturée.

En 202 avant Jésus-Christ, Hannibal renoue avec Vermina, le fils et successeur de Syphax.

Scipio, furieux pille la riche vallée du Bagradas et fait vendre en masse ses habitants comme esclaves.

Hannibal, voulait reconquérir le royaume de Syphax pour prendre les Romains en étau. Scipio s'y oppose.

Une entrevue a lieu où Hannibal tente d'obtenir des meilleures conditions de paix. C'est un échec. Il ne reste plus qu'à combattre.



Bataille de Zama

Le 29 octobre 202 avant Jésus-Christ, Hannibal affronte Scipion à la bataille de Zama, en Numidie. Le dispositif d'Hannibal est le suivant :

Scipion range son armée en 3 divisions mais en laissant toute la place pour laisser passer les éléphants sans troubler leur ordre. Cet espace est "rempli" de vélites qui vont désorienter les éléphants.

Les éléphants se jettent sur le côté et sèment la pagaille dans la cavalerie punique qui est nettement surclassée par la cavalerie romaine renforcée par celle de Massinissa. Cette domination se transforme en poursuite.

Au centre, le combat est plus équilibré, mais les premières lignes ayant farouchement lutté, se retirent en désordre dans leurs secondes lignes :

Hannibal dégage sur les ailes, le reste des 2 premières lignes et fait monter ses vétérans d'Italie face à l'ennemi.

Scipio envoie tout ce qui reste des deux premières lignes à l'assaut et les deux autres divisions à droite et à gauche pour encercler l'armée punique. La bataille reprend sur tout le front.

Les vétérans d'Hannibal tiennent bon malgré l'affluence des ennemis. C'est alors que les cavaleries romaine et numide reviennent de leur combat et enveloppent la dernière ligne carthaginoise.

C'est la fin de la résistance des vétérans puniques. L'armée d'Hannibal est écrasée.

20 000 soldats restent sur le terrain, 20 000 autres sont prisonniers, Hannibal réussit avec très peu de soldats à rejoindre Hadrumète.

Cette bataille vaut à Scipion le surnom d'Africain.



Situation de Rome

Cette bataille met fin à la deuxième guerre puniquen.

Rome domine la Méditerranée, mais son économie est ruinée par 17 ans de guerre dont la majorité sur son sol.

Par ses représailles contre les alliés d'Hannibal, de nombreuses cités sont détruites ou désertes et l'agriculture est abandonnée dans diverses régions.

La population de Rome a baissé d'un quart.



Hannibal

Hannibal est choisi par Scipio pour gouverner Carthage.

De 201 à 196 avant Jésus-Christ, Hannibal prépare aussitôt une reprise des hostilités.

Au lieu de licencier les vétérans de son armée, Hannibal les emploie à des taches de développement agricole (arboriculture) - la force militaire restant ainsi toujours disponible.

En 196 avant Jésus-Christ, élu à la charge de Suffète, Hannibal entreprend des réformes démocratiques.

Il met au jour des malversations dans l'administration des finances et entreprend une réforme dans le recrutement du Tribunal des cent quatre (qui était au main de l'aristocratie).

Il modifia la constitution carthaginoise, réduisit la corruption au sein du gouvernement et assainit les finances de la cité.

En 195 avant Jésus-Christ, ses ennemis font appel à Rome qu'inquiète le redressement de la cité honnie. Il est accusé par les Romains de vouloir rompre la paix,



Hannibal Barca à la cour d'Antiochos III Mégas

Hannibal est menacé d'assassinat et est obligé de quitter Carthage et se réfugie à la cour d'Antiochos III Mégas.

Antiochos III Mégas commet l'imprudence de soulever la méfiance des Romains en accueillant en 196 avant Jésus-Christ ou en 195 avant Jésus-Christ Hannibal Barca à sa cour.

En 196 avant Jésus-Christ, Antiochos III Mégas franchit l'Hellespont avec 10 000 hommes pour s'emparer des possessions que les Lagides conservent sur les côtes d'Asie Mineure.



Publius Sulpicius Galba Maximus Ambassadeur auprès d'Antiochos III Mégas

En 193 avant Jésus-Christ, Publius Sulpicius Galba Maximus est ambassadeur auprès d'Antiochos III Mégas.

Rome envoie de multiples ambassades demandant le retrait des Séleucides du continent européen et reprochant l'asile accordé par Antiochos III Mégas à Hannibal en 195.



Bataille des Thermopyles

En 191 avant Jésus-Christ, Antiochos III Mégas, ne suivant pas les avis d'Hannibal Barca, est vaincu aux Thermopyles par Rome.



Bataille de Magnésie

Paix d'Apamée

Les Romains poursuivirent les Séleucides en Asie Mineure.

En 190 avant Jésus-Christ, Hannibal combat contre les Romains aux côtés du roi séleucide Antiochos III Mégas. Du coté romain, Scipion est lui, conseiller technique de son frère.

Antiochos III Mégas est vaincu à la bataille de Magnésie (Manisa) près du mont Silype ou Sipyle en Asie Mineure (en Lydie).

Antiochos III Mégas est contraint d'accepter les conditions humiliantes de la paix d'Apamée qui réduisent son royaume à la Syrie, la Mésopotamie et l'ouest de l'Iran. Rome devient la puissance dominante en Asie Mineure

Le traité prévoit de livrer Hannibal qui se réfugie dans le nord de l'Asie Mineure auprès du roi de Bithynie, Prusias II.

À son retour à Rome, Scipion est accusé par Caton l'Ancien d'être soudoyé par Antiochos III Mégas. Il est acquitté.



Titus Quinctius Flamininus en mission diplomatique auprès de Prusias Ier de Bithynie

En 183 avant Jésus-Christ, Titus Quinctius Flamininus est envoyé en mission diplomatique auprès du roi Prusias Ier de Bithynie auprès de qui s'est réfugié Hannibal Barca.



Mort d'Hannibal

Rome demande qu'on lui livre Hannibal Barca qui préfère se suicider plutôt que d'être livré aux Romains.

Hannibal Barca meurt en 182 avant Jésus-Christ en s'empoisonnant à Libyssa.

Plus tard, Septime Sévère lui fera construire un tombeau.



Bataille de Vindalia

Partant de Rome et passant en Gaule par le col du Mont Genèvre avec ses légions, le proconsul Cneus Domitius Ahenorbarbus parcourt la route d'Hannibal en sens inverse, chevauchant un éléphant. Il franchit le Rhône.

En 122 avant Jésus-Christ, retranché dans une position avantageuse, attendant des secours de Rome, le consul se préparait à soutenir l'attaque.

Les Allobroges (les Savoisiens, unis aux Dauphinois septentrionaux,) attribuèrent à la frayeur cette conduite prudente du consul, et sans attendre l'arrivée de Bituit, ils passent l'Isère et s'avancent à grandes journées vers le midi, en suivant la rive gauche du Rhône. C'était tout ce que pouvait souhaiter Domitius.

Les armées se rencontrèrent peu au-dessus d'Avénio (Avignon), dans les plaines d'un village nommé Vindalium ou Vindalia (Vindalie) près de la Durance, au confluent du Rhône et de la Sorgue.

Les deux armées à peine en présence se précipitent l'une sur l'autre; mais les Allobroges, effrayés par une troupe d'éléphants chargés d'hommes armés, sont enfoncés se débandent, laissant derrière eux vingt mille morts et trois mille captifs.

Malgré cette victoire, le consul n'osa pousser plus avant ; il retourna dans son camp fortifié, d'on il observa les mouvements des Arvernes.


Antoine IV d'Estrées - par François Clouet en 1560 Françoise Babou de La Bourdaisière

Mariage d'Antoine IV d'Estrées avec Françoise Babou de La Bourdaisière

Antoine IV d'Estrées épouse à Chartres le 14 février 1559 Françoise Babou de La Bourdaisière. Leurs enfants sont :

Ils se sépareront.



Naissance de François-Hannibal d'Estrées

François Annibal ou François-Hannibal d'Estrées naît vers 1573, fils de d'Antoine IV d'Estrées et de Françoise Babou de La Bourdaisière.



François-Hannibal d'Estrées Comte-évêque de Noyon

Bien que l'ainé, François-Hannibal d'Estrées est destiné à l'état ecclésiastique.

François-Hannibal d'Estrées est Comte-évêque de Noyon, pair de France ex officio, de 1594 à 1596.



Mort de François Louis d'Estrées Vicomte de Cœuvres

François Louis d'Estrées meurt le 22 juillet 1594 tué pendant le siège de Laon, d'une balle de mousquet dans la hanche.

De ce fait, François-Hannibal d'Estrées quitte sa carrière ecclésiastique et se dirige vers celle des armes.



Mariage de Philippe de Béthune avec Catherine le Bouteiller de Senlis

Philippe de Béthune épouse en 1600 Catherine le Bouteiller de Senlis. Leur enfant est :



Naissance de la Chartreuse

En 1605, François-Hannibal d'Estrées remet aux moines de la Chartreuse de Vauvert, à Paris, un manuscrit révélant la formule d'un élixir de longue vie dont nul ne sait l'origine : c'est l'origine de la liqueur appelée Chartreuse.



Mariage de Christian IV de Danemark avec Christine Munk

Christian IV de Danemark épouse le 31 décembre 1615 Christine Munk. Leurs enfants sont :



Guerre des mécontents

Démantèlement du château de Pierrefonds

En mars 1617, le château de Pierrefonds est la propriété de François-Hannibal d'Estrées, membre du parti des mécontents mené par Henri II de Bourbon-Condé.

Le château est assiégé et pris par les troupes envoyées par Richelieu, secrétaire d'État à la Guerre.

Son démantèlement est entrepris, mais n'est pas mené à son terme en raison de l'ampleur de la tâche.

Les ouvrages extérieurs sont rasés, les toitures détruites et des saignées sont pratiquées dans les tours et les courtines.



Mariage de François-Hannibal d'Estrées avec Marie de Béthune

François-Hannibal d'Estrées épouse au château de Moussy-le-Vieux le 4 avril 1622 Marie de Béthune, fille de Philippe de Béthune et de Catherine le Bouteiller de Senlis. Leurs enfants sont :



Naissance de Jean II d'Estrées

Jean II d'Estrées naît en 1624, fils de François-Hannibal d'Estrées et de Marie de Béthune.


François-Hannibal d'Estrées - par Paulin Guérin

François-Hannibal d'Estrées Maréchal de France

François-Hannibal d'Estrées est fait Maréchal de France en 1626 par Louis XIII.



Naissance de César d'Estrées

César d'Estrées naît à Paris le 5 février 1628, fils de François-Hannibal d'Estrées et de Marie de Béthune.


Forçage du Pas-de-Suze

Forçage du Pas de Suse

Le pas de Suse, situé à 500 mètres d'altitude, est un défilé des Alpes situé sur la frontière entre la France et le duché de Savoie.

Louis XIII veut conduire en personne le secours de Casal.

Louis XIII décide de passer les Alpes en plein hiver.

Le récit de cet événement est notamment raconté par Louis de Rouvroy, Duc de Saint-Simon, dans ses Mémoires.

Richelieu prépare la campagne en renforçant les corps permanents et en levant 6 nouveaux régiments dans le Dauphiné, la Provence et le Lyonnais.

Trois armées doivent envahir à la fois le Piémont et combiner leurs opérations dans la vallée du Pô :

23 000 hommes d'infanterie et 3 000 chevaux sont rassemblés autour de Briançon.

L'infanterie comprend :

À la cavalerie d'élite de la Maison du Roi s'ajoutent 12 compagnies de chevau-légers et les carabins d'Arnauld de Corbeville.

Mais ni artillerie, ni munitions, ni mulets de transport.

L'armée n'a pas 15 jours de vivres, bien qu'avant de partir de Paris, on eût donné 200 000 livres d'avance aux intendants des vivres pour entretenir en permanence, outre la ration journalière, un mois de vivres en magasin.

Rien n'est prêt non plus pour le ravitaillement de Casal.

Le 18 février 1629, Louis XIII arrive à Grenoble avec Richelieu et les grands seigneurs de son entourage :

Louis XIII désigne comme lieutenants-généraux :

comme maréchaux de camp :

Léon d'Albert de Luynes est présent à cette journée.

Richelieu précède Louis XIII à Embrun, pour arrêter le plan d'opérations et l'ordre de marche.

L'avant-garde, conduite par Charles Ier de Blanchefort de Créquy et François de Bassompierre, a mission de s'emparer des passages du Piémont.

Elle comprend :

L'armée suit sous le commandement de Charles de Schomberg.

Abraham de Fabert d'Esternay participe à ces combats.

Le 28 février 1629, l'avant-garde passe les Alpes à Montgenèvre et Cezanne ou Césane (en italien Cesana Torinese) et cantonne à Oulx, sur la Doria Riparia.

Le 29 février 1629, l'avant-garde trouve au fort d'Exilles, 13 vieux canons éventés, pour battre les retranchements de M. de Savoie.

Le 1er mars 1629, l'avant-garde couche à Chaumont ou Chiomionte, un bourg ouvert, à un quart de lieue de la frontière de Piémont.

On ne peut franchir cette frontière, de ce côté, que par le Pas de Suse, défilé de 600 toises qui n'a pas plus de 18 pas de largeur en certains endroits et qui est obstrué par des roches qu'aucune machine ne pourrait déplacer ; 2 hommes ont grand-peine à y passer de front.

À l'entrée, le bourg et le gros rocher de Gelasse surmonté d'un fort, qui n'est accessible que par une rampe étroite et bordée de précipices.

Des 2 côtés du défilé, se dressent des montagnes imposantes :

Le passage est fermé, du côté de Chaumont, par un grand retranchement en forme de demi-lune et, en arrière, par des barricades, flanquées, à mi-pente, par des redoutes, distantes l'une de l'autre de 200 pas.

Le défilé débouche au faubourg de Suse, dominé par un couvent de Cordeliers.

3 000 Piémontais ou Milanais gardent les ouvrages.

Charles-Emmanuel Ier de Savoie, Victor-Amédée Ier de Savoie, son fils, le lieutenant général comte de Verrua et le marquis de Ville, commandant la cavalerie, se préparent à soutenir l'attaque, bien étonnés que le Louis XIII la dirigeât en pareille saison.

Le 5 mars 1629, à 11 heures du soir, Louis XIII quitte Oulx avec la Noblesse et 2 compagnies de ses Gardes, pour faire 4 lieues, à pied, dans la neige.

En arrivant à Chaumont, 3 heures avant le jour, Louis XIII trouve Richelieu dressant l'ordre de combat avec les maréchaux.

Les Gardes françaises et suisses, ainsi que Navarre attaqueraient de front les barricades et les redoutes.

Le régiment de Sault, dont les officiers étaient du pays pour la plupart, devait partir à 3 heures du matin et suivre à droite, au-dessous du crêt de Montmoron, avec de bons guides, un sentier extravagant qui conduisait derrière les retranchements.

L'avance ainsi gagnée permettrait d'assaillir l'ennemi de tous côtés en même temps.

500 hommes d'Estissac, moitié piques, moitié mousquets, longeraient les hauteurs de gauche, sous le crêt de Montabon.

Dans le défilé, les enfants perdus se jetteraient sur les barricades par le milieu et par les flancs :

Ces 3 pelotons seraient suivis par 3 troupes de 100 hommes, fournies par les mêmes régiments.

Comme soutien, 300 gentilshommes volontaires, de qualité pour la plupart, et 500 soldats de Navarre.

Henri II de Valois-Longueville les commande.

L'artillerie vient ensuite : une coulevrine et 2 moyennes, tirées au crochet et poussées par 50 pionniers.

En arrière, un gros de 800 Gardes françaises et de 500 Suisses, sous le commandeur de Valençay.

4 000 hommes restent rangés en bataille devant Chaumont.

Ils sont destinés :

Avant de donner le signal de l'attaque, Louis XIII veut adresser à Charles-Emmanuel Ier de Savoie une dernière sommation.

Il envoie Guitaut-Comminges, capitaine aux Gardes-françaises, avec les maréchaux des logis, le lieutenant de Pontis et un trompette, demander passage, pour préparer à Suse le quartier du Roi.

A 100 pas de la barricade, le groupe s'arrête et le trompette sonne.

Un officier piémontais et 12 soldats sortent du retranchement, puis le comte de Verrua, escorté de 200 mousquetaires.

Après qu'il nous a salués fort civilement, raconte Pontis, Guitaut-Comminges lui dit :

Monsieur, le Roi mon maître m'a commandé d'aller aujourd'hui à Suse pour lui préparer son logis, parce qu'il veut, demain, y aller loger.

Le comte de Verrua lui répond avec beaucoup de civilité :

Monsieur, Son Altesse tiendrait à grand honneur de loger Sa Majesté.

Mais, puisqu'elle vient si bien accompagnée, vous, trouverez bon, s'il vous plait, que j'en avertisse auparavant Son Altesse.

Guitaut-Comminges répondit :

Nous primes alors congé et allâmes retrouver Sa Majesté.

Louis XIII attend son émissaire, à 100 pas des enfants perdus, devant le gros des Gardes-françaises.

Il trouve que le comte de Verrua a répondu en homme d'esprit et en capitaine.

Louis XIII s'approche du maréchal et lui dit, en colère :

Savez-vous bien que nous n'avons que 600 livres de plomb dans le parc de l'artillerie ?

Il est bien temps de penser à cela ! Faut-il, pour un masque qui n'est pas prêt, ne pas danser le ballet ? Laissez-nous faire, Sire, et tout ira bien !

Le signal est donné à 8 heures.

Laissons François de Bassompierre raconter le combat qu'il prétend avoir dirigé.

Nous mîmes pied à terre, Créqui et moi, pour mener les enfants perdus.

Schomberg, que la goutte empêchait de marcher, nous suivait à cheval, afin de voir la fête.

Une balle dans les reins le mit bientôt hors de combat.

En dépassant le bourg de Gelasse, évacué par l'ennemi, nous fûmes canonnés par le fort et salués de quantité de mousquetades, venant des montagnes et de la première barricade.

Nos ailes ayant gagné les éminences latérales, tirèrent au derrière de ce retranchement, pendant que nous y donnions, tête baissée, et le faisions abandonner.

Nous poursuivîmes si vivement les Savoyards, qu'ils ne purent garder les deux autres barricades, où nous entrâmes pêle-mêle avec eux.

Valençay escalada la montagne de gauche à la tête des Suisses et en chassa les gens du Valais.

Dans le défilé, le marquis de Ville eut l'épaule fracassée et se fit transporter à Suse.

Nous poussâmes si vivement notre pointe avec les Gardes-françaises que, sans la résistance que firent près d'une chapelle, le capitaine Cerbelloni et quelques soldats espagnols, le Duc et son fils auraient été pris, tant Treville, lieutenant des Mousquetaires du Roi, les serrait de près.

Un estafier fut tué à son étrier.

Mais le Duc échappa à Treville, qui dut se contenter de blesser Cerbelloni et de le faire prisonnier.

Nous marchâmes, sans nous arrêter, jusqu'au faîte du passage, d'où nous vîmes Suse.

La citadelle nous tira force canonnades.

Mais nous étions si animés au combat et si joyeux de la victoire, que nous ne nous en occupions pas.

Quelques enfants perdus entrèrent dans la ville avec les fuyards et y furent faits prisonniers.

Créqui et La Valette logèrent les Gardes dans les maisons qui bordent la descente à main gauche, tandis qu'avec l'aide de Toiras et de Tavannes, j'établissais Navarre dans les maisons de droite.

Valençay, quoique blessé au genou, descendit, avec les Suisses du colonel Salis, de l'autre côté de Suse, pour empêcher que rien n'en sortit.

Les montagnards du comte de Sault avaient trouvé le sentier extravagant mal gardé par le régiment piémontais de Marc-Antoine Belon.

Ce qu'il y eut de plus remarquable, raconte Pontis, fut que les ennemis, nous attendant de pied ferme à ce détroit qu'il nous eut été impossible de forcer, furent bien surpris de voir le comte de Sault, qui avait fait nettoyer la neige avec des pelles et grimpé sur ces hautes montagnes, fondre tout d'un coup sur eux et les investir par derrière.

Ils lâchèrent pied aussitôt et quittèrent toutes leurs fortifications ; de sorte qu'ils ne donnèrent pas le loisir à nos troupes de leur faire sentir la pesanteur du bras du roi de France, à qui ils avaient osé refuser le passage.

Il y eut néanmoins beaucoup des nôtres tués ensuite par le canon de Suse, qui fouettait et nettoyait d'une étrange sorte tout le chemin.

Créqui et François de Bassompierre établissent leur logis dans le faubourg de Suse, au couvent des Cordeliers, où le Roi leur envoie ses félicitations.

Il convient d'ajouter à ces éloges, les critiques de Richelieu, qui marche bravement sous les canonnades, à côté de Louis XIII, en avant du soutien.

L'attaque dure fort peu à cause de la furie française et parce que les ennemis, se voyant pris de tous côtés, lâchent pied après leur première décharge.

Tous firent bien en cette occasion.

Cependant tout l'ordre désirable ne peut être gardé :

Les maréchaux Créqui, Bassompierre, Schomberg et les maréchaux de camp, sont tous ensemble, mêlés aux volontaires, contre la raison qui veut qu'ils soient séparés pour donner les ordres en divers endroits.

Nous perdons fort peu de gens ; 5 ou 6 officiers sont blessés ; il n'y a pas plus de 30 morts.

Suse, mauvaise place, ne peut se défendre :

Sa Majesté l'a fort recommandé, pour ne décrier ses armes en Italie, où l'on estime les Français aussi braves que peu réglés.

Le château de Suse se rend le lendemain mais il n'en est pas de même de sa citadelle ni du fort de Gelasse.



Paix de Lübeck

Pour sauver son royaume, Christian IV de Danemark est contraint de signer avec Ferdinand II de Habsbourg la paix de Lübeck le 12 mai ou le 6 juin 1629, par laquelle le Danemark s'engage à ne plus intervenir dans les affaires de l'Empire. Toutefois le Danemark ne subit pas de diminution de territoire.

Elle marque ainsi le déclin du Danemark en tant que grande puissance européenne.

Christian IV de Danemark est maintenant un homme brisé.

Son action est temporairement ralentie par l'accumulation de déboires.

Entre 1629 et 1643, Christian IV de Danemark gagne en popularité et influence. Christian IV de Danemark obtient à nouveau le contrôle de la politique extérieure du Danemark et de la douane du Sund. Christian IV de Danemark espère même accroître encore son pouvoir avec l'aide des ses beau-fils, Corfitz Ulfeldt et Hannibal Sehested qui occupent le devant de la scène.

Même au plus bas de sa fortune, Christian IV de Danemark ne perd jamais espoir de la retrouver.

La situation en Europe entre 1629 et 1643 offre d'infinies possibilités pour les politiciens en mal d'aventure. Christian IV de Danemark n'est pas un chef d'État, et est incapable de mener une politique cohérente. Christian IV de Danemark ne peut ni se concilier la Suède, son plus dangereux ennemi, ni s'en protéger par un jeu de contre-alliances.



Mariage de François-Hannibal d'Estrées avec Anne Habert

François-Hannibal d'Estrées est veuf de Marie de Béthune.

François-Hannibal d'Estrées épouse au Mesnil-Saint-Denis le 18 avril 1634 Anne Habert. Leurs enfants sont :



Naissance de Louis d'Estrées

Louis d'Estrées naît le 1er décembre 1637, fils de François-Hannibal d'Estrées et d'Anne Habert.


Frédéric III de Danemark

Mort de Christian IV de Danemark

Frédéric III de Danemark Roi de Danemark et de Norvège

Les dernières années de Christian IV de Danemark sont assombries par les différends avec ses beau-fils et surtout avec le plus ambitieux d'entre eux, Corfitz Ulfeldt.

Le 21 février 1648, à sa demande, Christian IV de Danemark est amené en civière de Frederiksborg près de sa bien-aimée Copenhague.

Christian IV de Danemark meurt à Copenhague le 28 février 1648.

Ses derniers mots, recueillis par son médecin, auraient été : Döden, Döden, ce qui signifie : " La mort, la mort ".

Christian IV est un bon linguiste, il parle, en plus de sa langue maternelle, l'allemand, le latin, le français et l'italien.

Naturellement joyeux et accueillant, il se délecte d'une société animée mais il est également passionné, irritable et sensuel.

Il a du courage, un profond sens du devoir, un amour immodéré du travail, un zèle curieux, et le sens de l'invention d'un réformateur né.

Il privilégie son propre plaisir, que celui-ci prenne la forme de l'amour ou de l'ambition.

À l'apogée de sa jeunesse, son esprit et sa passion de l'aventure lui permettent de surmonter tous les obstacles.

Mais à la fin de sa vie, il cueille les fruits amers de son manque de self-control et meurt en vieil homme fatigué et au cœur brisé.

Malgré le fait qu'il dispose de toutes les qualités des grands princes, il n'atteindra jamais la grandeur attendue.

Frédéric III de Danemark succède à Christian IV de Danemark devient roi de Danemark et de Norvège le 28 février 1648.

Jusqu'au 6 juillet 1648, les sujets de Frédéric III de Danemark refusent de lui prêter hommage.

Ils ne le font que lorsque Frédéric III de Danemark signe une charte par laquelle il réduit les prérogatives royales.

Frédéric III de Danemark est un prince réservé et énigmatique, riant rarement, parlant peu, écrivant encore moins, tout à l'inverse de son père Christian IV de Danemark.

Frédéric III de Danemark posséde à un haut degré les vertus de la modération et de la maîtrise de soi.

Sa devise est : " Le Seigneur est ma Providence " (Herren er mig forsyn).

Les premières années de son règne sont marquées par une secrète résistance contre les deux hommes les plus puissants du royaume :



Destitution de Korfits Ulfeldt et Hannibal Sehested

Korfits Ulfeldt et Hannibal Sehested sont démis de leurs fonctions en 1651.

Korfits Ulfeldt s'exile en Suède où il deviendra un traître.


Madeleine d'Angennes et Catherine d'Angennes

Mariage d'Henri II de La Ferté-Senneterre avec Anne Madeleine d'Angennes

Henri II de La Ferté-Senneterre est veuf de Charlotte de Bauves.

Henri II de La Ferté-Senneterre épouse le 25 avril 1655 Anne Madeleine d'Angennes, Dame de La Loupe, fille de Charles d'Angennes et de Marie du Raynier. Leurs enfants sont :



Retour en faveur d'Hannibal Sehested

Hannibal Sehested revient en faveur en 1660.



Instauration de la monarchie absolue au Danemark

Dans une assemblée des états à Copenhague en 1660, Frédéric III de Danemark et les grands négociants réussissent à prendre le pouvoir.

Frédéric III de Danemark fait usage de sa popularité pour instaurant la monarchie absolue au Danemark en 1660.

Pendant les 10 dernières années de son règne, la popularité de Frédéric III de Danemark décline.

Frédéric III de Danemark tente de panser les plaies de la guerre.

Frédéric III de Danemark transforme l'administration et de nouveaux hommes accèdent au gouvernement qui est marqué par des rivalités entre ministres et conseillers, comme celle d'Hannibal Sehested et de Christophe Gabel.



Mariage de François-Hannibal d'Estrées avec Gabrielle de Longueval

François-Hannibal d'Estrées est veuf de Anne Habert.

François-Hannibal d'Estrées épouse le 25 juillet 1663 Gabrielle de Longueval (morte en 1687).



François-Hannibal d'Estrées Duc d'Estrées

Ambassadeur extraordinaire en Suisse et à Rome, François-Hannibal d'Estrées obtient le 15 décembre 1663 que la terre de Cœuvres soit érigée pour lui en duché-pairie, sous le nom d'Estrées.



Mort de François-Hannibal d'Estrées Maréchal de France

François-Hannibal d'Estrées meurt à Paris le 5 mai 1670.


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