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11 événements affichés, le premier en 1751 - le dernier en 1795



Naissance de François Gamain

François Gamain naît à Versailles le 29 août 1751, fils de Nicolas Gamain.

Sa famille est venue s'établir à Versailles à l'époque des grands travaux faits dans cette ville par Louis XIV.



Goût de Louis XVI pour les travaux manuels

Nicolas Gamain est un serrurier fort habile, entrepreneur des bâtiments du roi. Il fait de François Gamain, son fils, un ouvrier adroit et le charge de la serrurerie de l'intérieur du château de Versailles.

Louis XVI a du goût pour les travaux manuels.

Rencontrant souvent François Gamain dans les appartements, il se plait à causer avec lui de ses travaux et à lui demander des explications sur ses ouvrages.

Louis XVI nomme François Gamain serrurier de ses cabinets, ce qui lui donne l'entrée de ses appartements.

Lorsque Nicolas Gamain meurt, François Gamain reçoit la charge de serrurier des bâtiments du Roi.

Louis XVI fait construire un petit atelier dans les combles du château et s'y enferme fréquemment pendant des heures entières et s'essaye, sous sa direction, à fabriquer des serrures et quelques objets d'art à son usage.

Cet atelier existe encore aujourd'hui.

Durey, garçon du château de Versailles, sert de garçon de forge quand le roi travaille avec François Gamain dans son atelier.

L'affection de Louis XVI pour François Gamain choque l'entourage du roi. Ainsi, Thierry de Ville-d'Avray, intendant du Roi, lui aurait dit : Sire, quand les rois s'occupent des ouvrages du peuple, le peuple s'empare des fonctions des rois.



Fabrication de l'armoire de fer de Louis XVI

Décidé au voyage de Varennes et ne sachant à qui confier des papiers qu'il ne peut emporter, Louis XVI fait fabriquer une armoire de fer en mai 1791. Il confie cette tâche à François Gamain.

François Gamain assurera plus tard que ces travaux ont eu lieu en mai 1792 mais c'est peut probable car Louis XVI est alors surveillé dans ses moindres mouvements.

L'armoire est pratiquée dans l'épaisseur d'un mur, près de la chambre à coucher du roi.

Elle est fermée par une porte en tôle de fer recouverte d'une couche de peinture imitant la pierre.

L'ouverture de la serrure se trouve dissimulée dans les rayures de la pierre et il est impossible de découvrir cette cachette.

Y sont placés des documents qui attestent de tractations secrètes avec des cours européennes et des correspondances de Louis XVI avec Honoré-Gabriel Riqueti, Charles François du Perrier du Mouriez et La Fayette.



François Gamain Membre du conseil général de la commune de Versailles

François Gamain est influencé par son entourage. Il adopte avec enthousiasme les principes de la Révolution.

Le 7 janvier 1792, il est nommé Membre du conseil général de la commune de Versailles.

Marie-Antoinette d'Autriche ayant appris que François Gamain est devenu jacobin et haït la royauté sinon le roi, met Louis XVI en garde contre lui. Sur ses instances, le roi consent à retirer de l'armoire de fer les pièces les plus compromettantes, surtout celles qui ont trait aux subsides accordés à Honoré-Gabriel Riqueti.

Madame Campan raconte qu'elle assiste à cette opération et reçoit du roi en dépôt un grand nombre de pièces.



Discussions de la commune de Paris et de celle de Versailles

Selon les registres de la commune de Versailles, François Gamain assiste aux séances, et particulièrement à celles des mois de juin, de juillet et d'août de 1792.

François Gamain prend part avec assiduité aux discussions, souvent tumultueuses, de la commune de Versailles qui entretient alors les relations intimes avec la commune de Paris.

Tous les jours, 2 députés de Versailles assistent aux séances de la commune de Paris, en rapportent les procès-verbaux.

À leur tour; les membres de la commune de Versailles en discutent les principaux points et transmettent leurs conclusions, presque toujours approbatives, à la commune de Paris.

Le 24 septembre 1792, François Gamain est nommé un des commissaires chargés de faire disparaître de tous les monuments de Versailles, les peintures, sculptures et inscriptions qui pourraient retracer la royauté et le despotisme.


Révélation de l'existence de armoire de fer de Louis XVI - Gravure satirique de l'époque

Révélation de l'existence de l'armoire de fer de Louis XVI

François Gamain agit soit par scrupule, soit par crainte, soit dans l'espérance d'une récompense

Le 18 novembre 1792, il dévoile l'existence de l'armoire de fer de Louis XVI au citoyen Heurtier, inspecteur général des Bâtiments nationaux.

Le 19 novembre 1792, Jean-Marie Roland, Ministre de l'intérieur, prévenu par Heurtier, se rend aux Tuileries sans même prendre le temps de prévenir la commission des papiers des Tuileries récemment instituée.

Les Montagnards accuseront Jean-Marie Roland d'avoir fait disparaître des papiers compromettants pour la Gironde.

L'Inventaire et description sommaire des documents qu'il sort de l'armoire est enregistré dans un fort volume. Il formera le tome neuvième des pièces du procès de Louis XVI.

Dans une gravure satirique de l'époque apparaissent :

Il semble que les portraits de Jean-Marie Roland et de François Gamain soient conformes à la réalité comme la représentation de la célèbre armoire

Le 20 novembre 1792, Jean-Marie Roland dépose sur le bureau de la Convention les papiers découverts.

Le 1er décembre 1792, François Gamain confirme sa révélation par une déclaration écrite qui restera longtemps inédite.

Elle s'est peut-être trouvée mêlée aux papiers de Roland, qui seront déposés à la Bibliothèque Nationale.

Heurtier atteste par écrit qu'il n'a pas perdu les papiers de vue depuis leur découverte jusqu'à leur dépôt à la Convention et que leur ordre n'a pas été dérangé.


Louis XVI conduit à l'assemblée de la Convention

Procès de Louis XVI

Jean-Baptiste Robert Lindet rédige le Rapport sur les crimes imputés à Louis Capet, qu'il présente le 10 décembre 1792 devant la Convention nationale.

La Convention nationale s'auto-institue tribunal et accuse Louis XVI de conspiration contre la liberté publique et la sûreté générale de l'État.

Le 11 décembre 1792, Louis XVI est conduit dans la salle de la Convention nationale. Sur un simple habit bleu, il porte une redingote noisette.

Un fauteuil est placé pour lui devant la barre, mais Bertrand Barère de Vieuzac le tient un instant debout :

Louis, la nation vous accuse, l'Assemblée nationale a décrété le 3 décembre que vous serez jugé par elle.

Le 6 décembre, elle a décidé que vous seriez conduit à la barre.

On va vous lire l'acte énonciatif des délits qui vous sont imputés... Vous pouvez vous asseoir.

Après lecture des chefs d'accusation, Louis XVI y répond, demande communication des pièces justificatives, la facilité de choisir un conseil pour se défendre, et déclare ignorer l'existence de l'armoire de fer aux Tuileries.

Le 24 décembre 1792, François Gamain est appelé à Paris, par une commission de la Convention, pour vérifier si l'une des clefs remises par Louis XVI à Thierry de Ville-d'Avray et trouvée dans le secrétaire de ce dernier, s'adapte à la serrure de l'armoire de fer.

La première séance du procès de Louis XVI a lieu le 26 décembre 1792.

Jean-Marie Roland essaie d'obtenir l'appel au peuple. Cette attitude augmente encore la haine que lui portent les Montagnards.

Jean-Jacques Régis de Cambacérès proteste que la convention n'a pas le pouvoir de siéger comme tribunal et exige que le roi dispose des moyens nécessaires pour sa défense.



François Gamain Officier municipal

Le 13 janvier 1793, François Gamain, ayant donné un gage à la Révolution, est installé comme officier municipal.



Destitution de la municipalité de Versailles et de François Gamain

Pétition de François Gamain à la Convention Nationale

Après la mort de Louis XVI, la Convention envoie des députés en mission dans tous les départements, afin de donner aux autorités l'énergie nécessaire aux circonstances.

La loi du 17 septembre 1793 déclare suspects tous les fonctionnaires révoqués, qui peuvent être pour ce seul fait traduits devant le tribunal révolutionnaire.

Le représentant Crassous est envoyé dans le département de Seine-et-Oise. Il ne trouve pas la municipalité de Versailles à la hauteur des circonstances. Il la destitue par son arrêté du 30 septembre 1793. François Gamain est ainsi destitué.

François Gamain peut ainsi d'un instant à l'autre être traduit devant le terrible tribunal

Il n'a plus de travail et est tombé dans la misère.

Il adresse une pétition à la Convention Nationale pour lui demander des secours.



Pension accordée à François Gamain

Le 8 floréal an II soit le 27 avril 1794, le représentant Musset, curé constitutionnel de Falleron en Vendée, monte à la tribune de la Convention et y lit la pétition de François de Gamain.

…Capet lui a ordonna de pratiquer une armoire dans l'épaisseur d'un des murs de son appartement, et de la fermer d'une porte de fer, opération achevée le 22 mai 1792. Gamain fait le travail en présence du Roi. Aussitôt l'ouvrage fini, Capet apporte lui-même, au citoyen Gamain, un grand verre de vin, qu'il l'engage à boire, parce qu'effectivement il avait très chaud.

Quelques heures après, il fut atteint d'une colique violente, qui ne se calma qu'après qu'il eut pris une ou deux cuillerées d'élixir, qui lui firent rendre tout ce qu'il avait mangé ou bu dans la journée.

Il s'en est suivi une maladie terrible qui a duré quatorze mois … et ne lui laisse aucun espoir que sa santé se rétablisse assez.

Je vous observe en outre que quoiqu'il ignorât entièrement à quel usage Capet destinait cette armoire...

J'attends de vous, législateurs, que vous voudrez bien prononcer sur la pension qu'il espère, après 26 ans de service et les sacrifices qu'il a faits… le mauvais état de sa santé ne lui laisse aucun moyen de subsistance. "

Cette reflète évidemment le point de vue de François de Gamain.

Peu à peu, son histoire d'empoisonnement prendra corps. Bientôt c'est la reine qui a tenté d'empoisonner Gamain.

… Le roi lui propose de souper au château avant de rentrer à Versailles…il refuse lorsque la reine entre en tenant une assiette sur laquelle se trouvaient une brioche et un verre de vin.

Gamain boit le vin et met la brioche dans sa poche.

À peine parti il est pris d'un malaise général et tombe au pied d'un arbre.

Un Anglais survient qui le transporte dans sa voiture chez un apothicaire de la rue du Bac. On lui administre un vomitif puissant et il est bientôt rétabli.

De retour chez lui, il donna la brioche à un chien qui succomba aussitôt.

Le 28 floréal an II soit le 17 mai 1794, le représentant Peyssard, ancien garde du corps, et chevalier de Saint-Louis, lit à la tribune le rapport des comités des secours publics et de liquidation. La convention adopte le décret suivant :

François Gamain, empoisonné par Louis Capet, le 22 mai 1792, jouira d'une pension annuelle et viagère de la somme de 1 200 livres, à compter du jour de l'empoisonnement.

L'hypothèse de l'empoisonnement est bien sûr depuis l'objet d'une vive controverse.



Mort de François Gamain

François Gamain meurt à Versailles le 19 floréal an III soit le 8 mai 1795.


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